‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 292 sur 306 · BARENTIN, MALVINA · texte numérisé non relu

BARENTIN, MALVINA

BARENTIN

À qui en a-t-il donc, monsieur le général? Je ne révoque point en doute son mérité; mais je sais qu'entre autres talens il a celui de me déplaire souverainement.

MALVINA

Que dites-vous ?

BARENTIN

Vous étiez autrefois de mon avis, vous en avez

ACTE I, SCÈNE VE. 47s changé: je ne sais pas pourquoi , mais je me défie de ce cousin.

MALVINA

Lui, le plus généreux des hommes !

BARENTIN

Précisément ; je me défie ,’chère amie, de l’affection soudaine que vous avez pour lui.

MALVINA , troublée.

Moi! qui peut vous faire croire ?

Pardon ; quand on aime bien, quand on aime réellement , la jalousie est si naturelle... mais enfin, puisque j'ai le bonheur de vous trouver seule, parlons un peu raison. {Sasseyant dans le fauteuil , péndant que Malvina reste debout à côté de lui.) Je suis rompu; cette partie de chasse était si fatigante et si ennuyeuse; el puis ces petits soins, ces attentions continuelles auxquelles je me suis astreint pour tout le monde... jusqu’à cette petite Marie, votre cousine, à laquelle il faut, de temps en temps, faire la cour, pour détourner les soupçons. tout cela, chèreamie, est terrible, surtout pour un homme marié, et je n’y tiens plus.

MALVINA

Autrefois, cela vous coûtait si pen |

BARENTIN , qui est tunjours ddus le fauteuil.

Vous l’exigiez, cela me suflisait; mais cela me coùtait beaucoup ; car, avant tout, la franchise; et c'est pour cela que la position n’est pas tenable, et offre même des inconvéniens auxquels vous ne pensez pas.

472 MALVINA

(Hselève) Ainsi, aujourd'hui même, 1l faut tout déclarer à votre père. | MALVINA.

Moi ! un pareil aveu! plutôt mourir.

| BARENTIN

Ce sont des idées ; on ne meurt pas... on re meurt jamais. pour des affaires de famille; cela finit toujours par s'arranger, tandis qu’en gardant le silence... demain je pars, et alors que faire? quel parti prendrez-vous ?

MALVINA

Celui de vous suivre, monsieur ; c’est mon devoir maintenant; je quitterai, avec vous, la maison paternelle, ma patrie, s’il le faut.

Une fuite ! c’est très bien, c’est très agréable, et je vous en remercie ; mais à quoi cela nous mènera-t-il ? En pays étranger, comme ailleurs, on est bien près du ridicule quand on w’a rien: et nous en sommes là.

MALVINA

Eh! monsieur, qu'importe?

BARENTIN

IL importe beaucoup. Il ne s’agit pas ici de romanesque, il s'agit de ménage; et, en ménage, chère amie, il faut du positif.

» MALVINA

Ce n’est pas là; monsieur, ce que vous disiez autrefois, quand vous méprisiez les richesses, quand vous vouliez vous ensevelir avec moi dans un désert.

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