‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 305 sur 306 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les PRECÉDENS, ARVED, ENTRANT PAR LA DROITE.

ARVED.

M. de Barentin.

CATHERINE

Grand Dieu !

MARIE

M. de Barentin ?

ARVED.

Lui-même, que des considérations particulières avaient forcé jusqu'ici à cacher ce mariage, (bas à Dubreuil.) ct qui, malgré le pardon que je ui ai promis en votre nom, n'ose encore se présenter devant vous.

MARIE , à Malvina à demi-voix.

Oh! ma cousine, que je suis fächée maintenant de partir | MALVINA , de même.

Sois tranquille, tu ne partiras pas.

DUBREUIL , à Malvina.

Je veux croire, comme me l’a assuré mon neveu,

494 MALVINA

que M. de Barentin ne t’a épousée que par amour, et sans penser à ma fortune ?

MALVINA

Ah! je vous l’atteste.

C’est à sa conduite à me le prouver, et à mériter

ce qu’un jour peut-être je ferai pour ma fille. ARVED , passant entre Dubreuil et Malvina.

Il a déjà commencé à se rendre digne de vous. Il a accepté la sous-lieutenance que je lui ai proposée. Nous marcherons ensemble désormais dans la même carrière, nous la parcourrons avec honneur ;et quant aux torts de sa jeunesse, c’est sur le champ de bataille qu’il saura les réparer.

__ MALVINA

Ah ! mon cousin ! je ne sais comment vous reméercier, et Je n'ai plus qu’un moyen de vous prouver ma reconnaissance, en m'occupant aussi de votre bonheur. Les vœux de votre père et du mien étaient de resserrer encor tous nos liens de famille; que cet espoir que j'ai déçu soit par vous réalisé, et que ma cousine Marie, que vous aimiez dès l'enfance. (Dubreui va s’asseoir auprès de la table. )

ARVED.

Ah ! ce fut le rêve de mes jeunes années ! ce fut toujours mon unique pensée | mon onele vous le dira. MARIE.

O ciel!

ARVED.

Mais je ne suis pas heureux, ma cousine, dans mes

ACTE Il, SCÈNE XV. 495 projets, ni dans mes amours. Marie veut s'éloigner; elle veut quitter ces lieux au moment où j'arrive.

MALVINA

Vous croyez ? et moi j'ai idée que si vous la priez de rester.

ARVED , passant près de Marie.

Serait-1l vrai ! Marie, ma cousine, toi que jai toujours regardée comme la compagne de ma vie, veuxtu combler mes plus chères espérances ? ( Malvina s'éloigne. )

MARIE, hors d’elle-même, et regardant Catherine.

Moi |

ARVED.

Oui, veux-tu accepter et mon cœur et ma main ? MARIE, à part.

Ah! j'en mourrai de joie ARVED , à Malvina.

Vous voyez, elle hésite.

MARIE , vivement.

Non, mon cousin, non, j'accepte.

ARVED.

Il serait possible ! toi, du moins, tu ne m’as donc pas repoussé | tu veux bien de mon amour ? Ah ! j'emploierai ma vie entière à ten remercier, à prévenir tous tes vœux , à embellir ces jours que tu veux bien me consacrer.

CATHERINE , à demi-voix.

Et moi je ne puis souffrir son erreur ; je veux qu'il

sache à quel point il est aimé.

496 MALVINA

MARIE, de même.

Tais-toi donc, je le lui dirai bien moi-même. (On entend au dehors ua prélude de contredanse. ) DUBREUIL , se levant ; Malvina passe à sa droite. Entendez-vous ? c’est ce bal, c’est tout ce monde que j'avais invité pour un autre motif. Allons leur présenter les nouveaux mariés, et tous mes enfans.

(IL passe entre Arved et Marie qu’il presse dans ses bras , et tend la main à Mal-

vina qui est à sa droite. À Arved.) Car tu es toujours mon fils, n'est-il pas vrai ?

ARVED , le serrant dans ses bras.

Oui, toujours.

DUBREUIL , essuyant une larme.

Ah ! c’est égal, ce n’est pas la même chose. Allons, n’y pensons plus. Venez toys. (lis vont pour sortir. )

MALVINA , seule, à gauche, la main appuyée sur le dos du canapé, et regar-

dant Arved qui s’éloigne.

Ah l'je l’aimerai toute ma vie ! (La contredanse reprend plus fort.) LA TOILE TOMBE.

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