SCÈNE XIII
DUBREUIL, MAL VINA. (DuBREUIL EST PALE ET DÉFAIT, IL S’APPROCHE LENTEMENT DE MALVINA, QUI, SANS PRO- NONCER UNE SEULE PAROLE, JOINT LES MAINS ET TOMBE A SES GENOUX. )
DUBREUIL , froidement , parlant avec effort.
Je sais tout; et si je n'avais écouté que ma juste colère... Mais Arved, mais mon fils... car lui seul est maintenant mon fils... il a prié pour toi; et lui, qui n’est pas coupable, il a, comme toi, embrassé mes genoux; enfin il m'a menacé, si je ne te pardonnais pas, de m'abandonner aussi, et je n’ai pas voulu renoncer à un fils que j'aime, pour un enfant ingrat que je n’aime pl...
MALVINA
Mon père !
DUBREUIL, la relevant.
Ah! malgré moi, je t'aime encore; et je n’ai plus que la force de te plaindre. Quel sort tu t'es préparé, ma fille !
MALVINA
Je le supporterai sans me plaindre, sans murmurer, et mon courage peut-être me rendra votre estimie ; mais lui, du moins... lui pardonnerez-vous aussi?
492 MALVINA
DUBREUIT..
Je voulais le bannir, le chasser de ces lieux ; mrais Arved a encore prié pour lui : et quant à la fortune, quant à l'avancement de ce... de ton mari, ce n’est pas moi, c’est lui qui s’en charge.
Arved ! 6 mon appui ! 6 mon dieu tutélaire !
DUBREUIZ. |
Oui, voilà celui que tu as repoussé, que tu as dédaigné. Malheureuse enfant! je t'avais donné le meilleur des amis et des époux, le modèle de toutes les vertus !
MALVINA
Ah! ne m’accablez pas, car, dussé-je en mourir de honte, vous connaîtrez toute l’étendue de mes maux. (A voix basse) Je l'aime, mon père, je l’aime de toutes les forces de mon ame!
DUBREUIL
Tu F'aimes ! Ah ! le ciel est juste lil te punit de ta
désobéissance par le malheur de ta vie.