‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 67 sur 306 · PAR LA PORTE DE DROITE · texte numérisé non relu

PAR LA PORTE DE DROITE

POLIGNI, à part.

Ah ! je n'ose la regarder !

MADAME DE BRIENNE, à la cantonnade.

Ne t’occupe pas de moi: liberté entière ! Je vais me retirer dans mon appartement. (Se retournant et apercevant Born A Del qu’ai-je vu? c’est lui ®(Faissnt quelques pas à sa rencontre. ) Poligni : (Poligni la salue respectueusement et sans oser lui répondre.) Quoi! vous n’êtes pas étonné de mon ar-

rivée ?

POLIGNI, froidement.

Je venais de l’apprendre, madame, et croyez que de tous vos amis aucun n’a pris plus de part que moi à votre heureux retour.

MADAME DE BRIENNE

J'en suis persuadée; mais d’où vient votre émotion? d’où vient que vos yeux semblent éviter les miens? Ah! je le vois, vous ignorez encore... Poligni, cette réserve que l’honneur vous imposait, cette froideur, ce respect dont j'ai tant de fois gémi, et dont je vous remerciais, eh bien! maintenant... je ne sais comment vous l’apprendre; mais Je suis près de vous, je vous regarde, je vous parle, non sans trouble, mais du moins sans remords... ah! ne m’entendezvous pas ? “

POLIGNI, à part.

Grand Dieu !

MADAME DE BRIENNE

Oui, mon sort, mon existence, tout est changé... mon cœursseul ne l’est pas.

POLIGNI.

Quoi ! vous m’aimez encore ?

MADAME DE BRIENNE

Pas plus qu'autrefois ; mais aujourd’hui du moins

je puis vous le dire. + POLIGNI, avec tendresse.

Amélie!... (4 rat.) et c’est dans un pareil moment que je pourrais.

MADAME DE BRIENNE , le regardant.

Eh mais ! qu’avez-vous?

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