‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 70 sur 306 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

POLIGNI.

Vous trouvez; c’est bien peu cependant.

MADAME DE BRIENNE

Et que vous faut-il de plus? que nous manquerat-1l? A Paris, nous serions peut-être un peu iguorés ; et vous avez de l'ambition, vous tenez à paraître; mais en province nous serons riches, nous serons considérés, nous serons même les premiers de l’endroit: cela dépendra de celui que nous choisirons.

Quoi ! vous voudriez...

MADAME DE BRIENNE

Oui, monsieur; quoi qu’en ai dit un auteur fort spirituel , il existe encore dans les petites villes des sociétés très aimables , des gens instruits, des gens de mérite; il y a de l'esprit en province; maintenant il y en a partout, et là comme ailleurs on trouve le bonheur quand on le porte avec soi. Il nous y suivra; car l’unique soin de ma vie sera d’embellir la vôtre, d’éloigner de vous les chagrins. J’ai été bonne avec un vieux mari que je n’aimais pas, jugez donc avec vous ! combien votre bonheur me sera facile ! je n’y aurai pas de mérite. Ainsi, monsieur, un intérieur agréable, de bons amis, une bonne femme qui vous aime , voilà ce qu’on n’a pas souvent avec cent mille francs de rentes , et voilà ce que vous aurez ! Êtes-vous pauvre maintenant ?

POLIGNI.

Non, je suis le plus riche et le plus heureux des > d £ , hommes. Vous l’emportez, vous triomphez de toutes

mes résolutions; avec vous , la pauvreté, le malheur ne peuvent exister | MADAME DE BRIENNE.

C’est ce que je me dis toujours quand je pense à vous : et puis enfin, nous ne devons rien, et quand on ne doit rien.

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