SCENE III
Les Mêmes, HECTOR, puis GERMAINE.
HECTOR
Mes chers amis ! Quelles nouvelles ?
BRANCOUR.
Vous VOUS battez dans une heure, à Fépée. Lisez ce procès-verbal.
HECTOR, prenant le papier.
Oui... Bien... bien... C'est en règle.
Maintenant, je vais chez l'armurier choisir les épées, Tencier va chez le médecin. Rendez-vous ici dans un quart d'heure... Vous nous attendez?
HECTOR
Volontiers. Je vais faire un peu d'assouplissement ?
BRANCOUR.
Nous en avons pour un quart d'heure ... Je vous envoie ma femme pour vous tenir compagnie. (A Tencier.) Tu aS Cntcudu ?
TENCIER.
Tiens ! Tu m'exaspères !
(Entre Germaine.)
BRANCOUR.
Ah ! te voilà, ma chérie... J'allais justement te prier de venir pour entretenir ce héros dans des dispositions belliqueuses, pendant que nous allons chercher des instruments de combat.
GERMAINE
Comment, monsieur Le Hercheur, vous vous battez?
BRANCOUR.
Il se bat.
GERMAINE, à Brancour.
C'est bien vrai? Ce n'est pas toi, au moins?
Non, non... c'est bien lui!... Moi, je ne suis que le témoin, avec Tencier.
GERMAINE
J'espère que les témoins ne risquent rien?
BRANCOUR.
Autrefois, ils risquaient la correctionnelle, mais aujourd'hui, ils ne risquent plus que la
photographie. (En sortant, à Germaine.) AllonS, je te
laisse avec lui.
GERMAINE, riant.
Toute seule?
BRANCOUR, même jeu.
Toute seule. Et je ne reviendrai pas à l'improviste.
GERMAINE
Et s'il me fait la cour?
BRANCOUR.
Laisse-le faire.
GERMAINE
Tu n'as pas peur?
BRANCOUR.
Non. Et toi?
Ne m'en parle pas. J'en frémis d'avance. Il va me raconter ses duels, ses bonnes fortunes, comme d'habitude.