ACTE II, SCÈNE VI
comme les autres. Et je m'y connais! Car j'ai de ces choses-là une expérience qui remonte à ma quinzième année, date où je fus trompé pour la première fois. J'ajoute que, depuis, je n'ai pas cessé de l'être.
BRAXCOUR.
Mais, moi, je ne suis pas comme toi ! Je n'ai pas le temps de souffrir. Aussi, j'ai pris une résolution énergique !
TEXCIER.
Et quelle bêtise as-tu faite ?
BRAXCOUR.
J'ai risqué une démarche dont je ne suis pas autrement fier, d'ailleurs : depuis deux jours, j'ai fait suivre Germaine !
TEXCIER.
Mais c'est abominable, mon ami !
BRANCOUR.
Tu n'as donc jamais employé ce moyen-là?
TEXCIER.
Si! très souvent... Mais il s'agissait de mes maîtresses ! Ça n'a aucun rapport. Ta femme est incapable de te tromper.
BRAXCOUR. tirant sn montre.
Je saurai ça dans dix minutes ; oui, mon vieux Tencier, dans dix minutes, je saurai, heure par heure, tout ce que ma femme a fait depuis deux jours. J'attends un monsieur très bien qui s'est chargé de cette petite besogne.
TEXCIER.
Tu l'attends ici ?
238 EN GARDE î
BRANCOUR.
Ici même. Et quand je serai fixé, dune façon ou d'une autre, je me remettrai au travail.
TEXCIER.
Tant mieux ! Car c'est moi qui fais tout à la maison.
BRAXCOUR.
Aussi, elle périclite de jour en jour.
(Parail Colette. )