SCENE X
GODFISH, MAUGRAINE, BRANCHIN, VILLERBOIS.
GODFISH.
Eh bien, il paraît, messieurs, que nous allons faire une petite affaire ensemble ?
VILLERBOIS.
C'est bien vague encore , baron , c'est bien vague...
BRANCHIN.
On peut toujours en causer.
VILLERBOIS.
Parler du principe... voir un peu... tàter le terrain. N'allons pas trop vite.
GODFISH.
Alors , asseyons - nous. (A Mangraine.) Jeuue homme, vous avez la parole.
MAUGRAINE.
Messieurs, je me suis adressé à vous parce que vous représentez les trois éléments qui sont indispensables aujourd'hui à un journal : vous, monsieur Villerbois, la haute et vieille bourgeoisie; vous, monsieur Branchin, la finance dans ce qu'elle a de plus français, et vous, baron, la grande fortune internationale qui est la forme définitive de la civilisation moderne... Ces trois éléments combinés doivent nous donner le journal parisien par excellence, le journal que le public attend.
GODFISH.
On se demande même comment il a pu s'en passer jusqu'à présent !
MAUGRAINE.
Arrivons tout de suite à la question de la mise de fonds...
VILLERBOIS.
Oui, parce que, si c'était trop cher, il faudrait que le public attendit encore un peu.
BRANCHIN.
Voyons toujours.
MAUGRAINE.
Messieurs, oui, ce sera très cher... Un journal créé par vous, un journal tel que celui que je rêve, coûtera deux millions !