ACTE II, SCICNE XIII
reconnaître un accent sincère ! Ce sont des égoïstes qui n'écoutent que leur sot orgueil et qui prennent toujours la vérité pour une insulte. » Oui, j'aurais dû nier! j'aurais dû nier jusqu'au bout , comme une maîtresse prise en ilagrant délit : et, alors, c'est toi qui aurais fini par me demander pardon !
RRANCOUa.
Tout ça est charmant. . . Seulement, ces raisons ne me suffisent pas, à moi ! Et tous les discours n'empêcheront pas qu'il y a un fait... un fait brutal qui autorise toutes les suppositions...
GERMAINE, le vfijardunt.
Toutes ?
BRANCOUR.
Oui, toutes, sans en excepter une.
GERMAINE
Eh bien, fais-les... Je ne songe pas à t'en empêcher. Car je sens que tout ce que je pourrais te dire ou rien ce serait exactement la môme chose. . . C'est entendu ! Le Hercheur est mon amant. . . J'ai choisi, pour devenir sa maîtresse, le jour où il recevait cent personnes, et je me suis mise pour ça en toilette de soirée... Et la preuve qu'il est mon amant, et que je ne peux pas me passer de lui, c'est que je t'ai proposé il y a cinq minutes de partir pour l'Italie ! Tout cela est logique, irréfutable. Je suis confondue... J'avoue tout!
BRANCOUR.
Et d'ailleurs, quand même tu persisterais à nier?... Et quand môme ce ne serait pas vrai, qu'est-ce qui me le prouverait à présent? Ton accent? Tes regrets? Est-ce de la sincérité ou de la perfidie? Tu me jures que tu es venue aujour-
d'hui chez Le Hercheur pour la première fois ? Jamais tu ne pourras me le démontrer? Est-ce que je sais ce qui s'est passé entre vous depuis un mois ?
Bon ! bon ! Ça m'apprendra... ça m'apprendra !
BRANCOUR.
Tu serais coupable, tu ne te serais pas conduite autrement ?
GERMAINE
Comment donc !
BRANCOUB.
Tu aurais été aussi coquette avec Le Hercheur et aussi rouée avec moi ! Tu m'aurais fait les mêmes réponses... avec la même désinvolture et le même sourire ! Et si je n'ai pas la preuve matérielle que tu es la maîtresse de Le Hercheur, toi, tu ne me prouveras jamais qu'il n'a pas été ton amant î
GERMAINE
Va ! va ! continue...
BRANCOUR.
Et comme je ne peux pas m'en prendre à toi puisque je n'ai pas de preuve suffisante, je vais m'en prendre à l'homme qui t'a désirée, attirée chez lui et compromise, et qui, par conséquent, m'a insulté !
GERMAINE
Mais c'est idiot ! c'est idiot ! Les hommes sont stupides ! Quest-ce que tu vas faire ?
BRANCOUR.
Je vais le souffleter et, demain, on se battra, jusqu'à ce que tu sois débarrassée de l'un ou de l'autre !