ACTE m, SCÈNE IV
TENCIER.
Allez !
GERMAINE
Julien ne fait la cour à aucune femme?
TENCIER.
Ça, je peux vous le jurer...
GERMAINE
Pas même à Colette?
TENCIER.
Colette...? Ce serait la dernière... ce serait la dernière... Elle, peut-être, ne s'y opposerait pas trop... Mais je réponds de Julien.
Car ça, par exemple, ce serait le comble ! Vous savez, Tencier, que jamais je ne le supporterais...
TENCIER.
Vous auriez bien raison.
GERMAINE
J'aime mon mari, je veux le garder... et je vous préviens que ça ne se passerait pas comme ça 1... (Coup de téléphone.) Ah ! c'est lui qui doit téléphoner. . .
TENCIER.
Attendez... attendez... Allô ! Hein? (A Germaine.) Non, ce n'est pas lui, c'est Le Hercheur.
GERMAINE
Qu'est-ce qu'il veut, celui-là? Qu'est-ce qu'il veut ?
TENCIER, au téléphone.
C'est vous, Le Hercheur? Et qu'est-ce que vous faites chez mon concierge?
GERMAINE
Il est chez le concierge ! C'est trop fort !
TENCIER, au li^h'phone.
En effet... madame Brancour est ici...
Il m'a suivie... comme mon mari... Ça, par exemple !
TENCIER, nu tê^phone.
Réfléchissez, mon cher... C'est impossible.
GERMAINE
Que demande-t-il ?
TENCIER, fi'rmanl le téléphone.
Il voudrait vous voir!... Ça, je m'y oppose absolument, du moins chez moi !
GERMAINE, allnitt au tëh-phone.
Attendez... attendez... Il vaut mieux en finir! Laissez-moi ! Allô ! Ah ! c'est vous ? Eh bien ! oui, j'y consens... vous pouvez monter!...
TENCIER.
Mais je m'y oppose !.. Ce monsieur ici !
GERMAINE, au l/di^phone.
Oui... oui... Tencier ne demande pas mieux...
(Elle raccroche le récepteur.)
TENCIER.
Réfléchissez à ce que vous faites, Germaine !
GERMAINE
Si je n'ai pas une explication définitive avec lui, je le connais, il ne me laissera jamais tranquille... Je veux m'en débarrasser une bonne fois... Autant le faire chez vous et tout de suite. Vous êtes un terrain neutre.