‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 19 sur 305 · ACTE I, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XI

BRANCHIN.

Pouvez-vous dire?

MARGUERITE

Vous savez qu'il y a une chose à laquelle je liens par-dessus tout, c'est d'entrer à la Comédie- Française ! Que m'importent vos bijoux et vos cadeaux! Ma carrière avant tout! Je suis une artiste, je ne suis pas une femme entretenue. Croyez-vous que, si je gagnais ma vie, j'accepterais quoi que ce soit de vous? Eh bien, il se présente une occasion magnifique de prendre de l'influence et de forcer la main à mes ennemis !

BRANCHIN.

Je ne demanderais pas mieux si ..

MARGUERITE

Si ça ne coûtait rien ! Avec votre fortune, c'est pitoyable!... Mais je sais ce qui me reste à faire... Je ne suis pas riche, mais je mettrais plutôt un million de ma poche !

(Elle s'éloiyne.)

BRANCHIN. /,( siiivanl.

Voyons... ne vous emballez pas comme ça! Je verrai, j'examinerai... Voyons, ma chérie, je vous en prie...

(Il va avec elle dans la. pièce du fond et continue la conversation. j

VALÉRIE, à Villerhois, dans un coin, et achevant une concersulion.

Résumons-nous, Edouard... 11 le faut!

VILLERBOIS.

Je ne saisis pas bien vos raisons... je vous avoue.

30 LES FAVOniTES

VALÉRIE

Votre famille est composée de snobs... C'est la seule façon d'en venir à bout !

VILLERBOIS.

Puisque je m'en charge.

VALÉRIE

Et puis, je suis engagée envers Jeannine et Marguerite. Nous nous sommes juré de ne pas vous lâcher.

VILLERBOIS.

Que diable! aussi... vous êtes bien pressées!

VALERIE, à Jeannine qui t'appelle d'un signe.

Je suis à vous, chère amie. (A vnierbois.) Et vous, n'est-ce pas?...

(Elle s'éloigne par la pièce du fond. Reviennent Godfish et Branchin.) <

■SCENE XII GODFISH, VILLERBOIS, BRANCHIN.

(Les Irais hommes arrivent en scène et se reyardeni un instant.)

GODFISH.

Messieurs, ne faisons pas les malins, nous sommes bouclés!... Nous retarderons la capitulation un mois... six mois... 11 faudra toujours capituler. Allons-nous quitter nos maîtresses parce qu'elles ont un caprice un peu coûteux. Non, n'est-ce pas? D'abord, nous les aimons trop. Ensuite , il nous faudrait en chercher d'autres qui seraient peut-être encore plus exigeantes. Nous sommes , .Dieu merci, d'assez

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