ACTE III, SCÈNE VII
BRANCOUR.
Non, mon ami, jo n'ai plus qu'un domicile, le tien.
TENCIER, - un leiniis.
J'en suis enchanté. Alors, tu crois que Germaine t'a trompé ?
BRANCOUR.
Oui.
TENCIER.
Avec Le Hercheur?
Oui.
TENCIER.
Tu en
es
bien
sûr?
Non.
Alors?
TENCIER.
BRANCOUR
Mais elle est allée chez Le Hercheur... Ça, j'en suis certain... Elle me l'a avoué... (Avisant
les plais d'étain.) Ah ! Ah ! (Il prend la carte de Germaine
et m.) Ge?'?naine Brancoiir avec ses meilleurs vœux de fête. Tiens ! voilà le prétexte qui lui a servi à pénétrer chez Le Hercheur... par la boutique d'une revendeuse ! Mes compliments, tu fais un joli métier!
TENCIER.
Tu devais finir par me mettre cette allaire sur le dos... Mais ça m'est égal... L'important, c'est ce que, toi, tu as décidé?
BRANCOUR.
Voici. D'abord, en quittant Germaine, hier soir, je suis allé au cercle où j'ai changé de vêtements...
TENCIËR.
Tu as joué?
BRANCOUR.
J'ai pris une banque et, tout en réfléchissant à la situation, j'ai perdu dix mille francs. Toi qui as passé par là, tu sais comme ces petites épreuves vous amollissent, et je suis allé coucher à l'hôtel, complètement abruti. Mais en me réveillant ce matin, je suis revenu à la réalité et j'ai examiné les diflerentes solutions.
TENCIER.
Voyons un peu?
BRANCOUR.
La première était de prendre ça en souriant et d'accepter comme tant de maris cette belle devise du ménage moderne : « Jamais deux sans trois ! »
TENCIER.
Nous ne sommes pas de cette école-là...
BRANCOUR.
J'aurais pu aussi provoquer Le Hercheur et le tuer ce matin ou tout au moins le blesser à l'avant- bras...
TENCIER.
C'eût été un scandale.
BRANCOUR.
C'est ce que j'ai voulu éviter... Je me suis donc décidé pour la séparation.
TENCIER.
Mon pauvre Julien, tu vas être très malheu-
reux:
BRANCOUR.
Non, parce que je vais enfin sortir de la période d'indécision. Et non seulement je ne