SCÈNE XI GEllMAIXE, BRAXGOUR
GERMAI^iE, à l;t porte.
Julien!... Tu es là? Je peux te dire un mot? Ohl ce ne sera pas long...
BRANCOUR, jirrivant.
Je suis là, en effet... Qu'y a-t-il?
GERMAINE
Il y a que tu n'es pas gentil, mon ami... C'est la première fois que tu pars en voyage et que tu ne me dis pas au revoir...
BRANCOUR.
Mais je ne pars pas... Qui t'a raconté cà?
GERMAINE
Voyons... pourquoi des cachotteries avec moi, maintenant? Puisque nous sommes séparés... puisque tu as commencé à découcher... et puisque tu as pris une maîtresse!
BRANCOUR.
Pajdon I je n'ai pas pris de maîtresse.
GERMAINE
Tu n'as pas eu le temps? Ça ne tardera pas. Mais je ne t'adresse pas de reproches... Tu es dans ce que les maris ordinaires appellent leur
droit. . . Tu vas donc partir avec une petite femme. . . très jolie, d'ailleurs. Tu aurais pu choisir plus mal parmi mes amies intimes. Tu as du goût, mes compliments...
BRANCOUR.
C'est Tencier qui t'a raconté cette histoire?
GERMAINE
Je l'ai devinée... Et je trouve ça excellent pour toi. Ça te fera du bien... Tu as besoin de connaître les femmes, car tu ne les connais pas! Et celle-là est tout à fait ton affaire, tout à fait. En voilà une qui saura t'apprendre ce que c'est que la coquetterie et la trahison, la vraie... celle qui compte... Le cours supérieur, enfin ! Et quand elle aura fait ton éducation, ce sera à moi de te recueillir si je suis encore disponible, on ne sait jamais!
BRANCOUR.
Tu te trompes sur mes intentions. Tu affectes de rire, mais tu crois que j'agis par rancune... C'est une erreur, je n'ai plus aucune rancune contre toi et je ne songe pas à me venger. Je ne songe qu'à oublier et, pour cela, que veux-tu? chacun a son caractère, il faut que je me sépare de toi pendant quelque temps... C'est la seule solution possible... Ensuite, nous verrons.
GERMAINE
C'est parfait, mon ami, c'est parfait... Je ne te retiens pas. En fait de solution, moi, j'en avais envisagé une autre... Tu vas rire. Je me figurais, me retrouvant près de toi, repentante de ma coquetterie, de mon imprudence, si tu veux, navrée de t'avoir causé du chagrin... et décidée dorénavant à être gentille comme je ne l'avais