SCENE PREMIERE PIERRE, Le Domestique, puis BAROIS
PIERRE
Vous prendrez la voiture et vous porterez ma valise à la gare pour le train de cinq heures... le train de Grenoble.
LE DOMESTIQUE
Est-ce que j'attendrai monsieur à la gare?
PIERRE
Si vous voulez.
LE DOMESTIQUE
Alors, j'attendrai. Monsieur viendra donc à pied?
PIERRE
J'irai à pied, parfaitement.
LE DOMESTIQUE
Bien, monsieur.
(Il sort. Entre Barois.)
PIERRE
Bonjour, clier professeur... C'est moi que vous venez voir?
BAROIS.
Vous, un peu, mais c'est surtout votre femme. . . On ne la dérange pas ?
PIERRE
On la dérange d'autant moins qu'elle va être seule tout l'après-midi, car je suis obligé de m'absenter.
BAROIS.
Vous allez loin, sans indiscrétion ?
PIERRE
A Grenoble, pour affaire. Je compte revenir demain soir. Et quoi de neuf, à part ça ?
Jamais grand'chose de neuf à Villensel, cher ami. Ah! pourtant, j'oubliais... Il faut être juste... Aujourd'hui, par exception, nous avons un petit incident.
PIERRE
Ah!
BAROIS.
11 paraît — mais est-ce bien vrai? — que la petite Berthe Biffard, la fille du propriétaire du Lion d'Or... Vous la connaissez?
PIERRE
Vaguement. Eh bien ! que lui arrive-t-il ?
BAROIS.
Elle a quitté la maison paternelle.