SCENE III HÉLÈNE, MADAME ARDOUIN, puis PIERRE
HÉLÈNE, revenant.
Quoi, ma mère?
MADAME ARDOUIN
(^e n'est donc pas vous qui allez vous promener, ma chère enfant? J'ai vu qu'on attelait.
Non, c'est Pierre qui doit avoir donné l'ordre... Il prend le train de cinq heures pour Grenoble... Il vous cherchait tout à l'heure pour vous l'annoncer.
MADAME ARDOUIN
Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Pierre va à Grenoble? A quel propos? 11 n'en était pas question à déjeuner!
HÉLÈNE, voyant entrer Pierre avec son pardessus sons le bras.
Il va vous expliquer.
PIERRE, à «a mère.
Oui, figure-toi... J'ai reçu tantôt, pendant que tu étais en visite, un télégramme de Verteil qui arrive de Tunisie... Des camarades lui offrent un dîner ce soir à Grenoble. . . et je tiens à me joindre à eux. Verteil est un ami de vingt ans. J'ai été au lycée avec lui... Eh bien! tu es fâchée?
MADAME ARDOUIN
Non. Mais je trouve ce voyage bien précipité...
PIERRE
Ma pauvre maman, il ne s'agit pas d'un voyage... Grenoble est à deux heures d'ici...
MADAME ARDOUIN
Et quand reviens-tu?
PIERRE
Demain soir... demain soir... je te le promets.
J'ai besoin d'avoir une conversation sérieuse avec toi.
PIERRE
A mon retour.
MADAME ARDOUIN
Tu ne me demandes même pas à quel propos !
PIERRE
Non, maman, parce que ça ne peut pas être bien urgent et que ça me ferait manquer le train... Ah! il faut que je m'en aille... (S'approchant de sa mère.) Eh bien ! maman... ?
MADAME ARDOUIN
Quoi?
PIERRE
Tu ne m'embrasses pas?