SCÈNE VIII HÉLÈNE, seule, puis MADAME ARDOUIN
HÉLÈNE, décacheté la lettre et lu lit sans faire un geste d'étonnement. sans un froncement de sourcils, puis la pose sur la table.
Ah ! quel misérable homme ! Eh bien î tant mieux !
(Entre madame Ardouin.)
MADAME ARDOUIN
Dites donc, ma chère Hélène, savez-vous pourquoi votre mari a retiré hier quarante mille francs de chez son notaire ?
HÉLÈNE
Oui, madame... C'est pour s'enfuir avec une
fille ! (Lui donnant la lettre.) Tenez ! MADAME ARDOUIN.
Qu'est-ce que vous me chantez là, vous devenez folle, n'est-ce pas?
HÉLÈNE
Mais lisez donc, madame... Voilà la lettre que je reçois... Votre fils me l'a adressée de la gare... en quittant Villensel...
MADAME ARDOUIN
Ah ! le malheureux ! le malheureux ! Mais je pars... je pars à l'instant!...
HÉLÈNE
Inutile, madame... vous n'empêcherez rien ni moi non plus... Votre fils invoque une passion irrésistible et la fatalité...