ACTE I, SCÈNE XVI
LUCE
Tout de suite ?
LA COMTESSE
iMais oui.
LL'CE
Mais cVst que jo no m'attendais pas... je ne suis pas préparée.
Eh bien, préparez-vous. Qu'est-ce qu'il vous faut de temps ?
LUCE
Là... c'est fini.
Ça y est ?
Ça y est.
LA COMTESSE
LUCE
LA COMTESSE
Regardez bien en face.
LUCE
Comme ça ?
LA COMTESSE
Mais oui... mais oui... Vous regardez très bien
quand vous voulez. (A Bourdolle, qui passe au fond.)
Mon cher ministre, permettez-moi de vous présenter madame. La fille d'Henriette Cortèze. Vous devez vous rappeler ?
BOURDOLLE.
Comment donc ? Enchanté, madame.
LUCE, s'inclinant très Las.
Monsieur le ministre...
LA COMTESSE
Cette dame que vous voyez là est l'auteur d'un livre sur l'éducation des jeunes filles. Ce n'est pas la peine d'avoir honte.
BOURDOLLE.
Il y a des actions plus répréhensibles.
LUCE
Oh ! madame... je vous en prie... Ça ne peut guère intéresser monsieur le ministre.
BOURDOLLE.
Gomment ! un livre sur l'éducation des jeunes filles n'intéresserait pas le ministre de l'Instruction publique !
LA COMTESSE
Mais, en effet !
BOURDOLLE.
Apportez-le-moi un de ces jours au ministère, votre livre. Je le lirai et je ferai faire un rapport.
LUGE
Oh ! monsieur le ministre . . . monsieur le ministre... Un rapport! Un rapport sur moi!...
BOURDOLLE.
Non, sur votre livre. Vous n'aurez qu'à m'écrire un petit mot, et je vous fixerai une audience. Etes-vous satisfaite, madame ?
LUGE
Je serais bien difficile, monsieur le ministre... Un rapport !
(Bourdolle rentre dans le salon.) LA COMTESSE, A Luce.
N'est-ce pas qu'il est charmant, notre ministre ?
LUGE
Oh! charmant... très gai... très profond! Pourvu qu'il me réponde quand je lui demanderai cette audience !