SCENE V PIERRK, IIÉLKNK
PIERRE
Ma chère Hélène... Ma chère amie...
HÉLÈNE
Bonjour, Pierre. Assieds-toi.
PIERRE
Je suis installé à Paris depuis que tu es malade et j'avais chaque jour de tes nouvelles par ma mère.
HÉLÈNE
Et toi, tu t'es bien porté?
PIERRE
Ma foi, oui, très bien... Que veux-tu? j'ai une santé de fer!
HÉLÈNE
Tant mieux, mon ami, tant mieux... Tu as embrassé Germaine?
PIERRE
Je crois bien, en arrivant !
HÉLÈNE
Elle a grandi, n'est-ce pas?
PIERRE
Elle est superbe...
4b4 HÉLÈNE AnnOL'lN
HÉLÈNE
En deux ans, dame !
PIERRE
Tu ne sais pas ce qu'elle ma dit, quand je suis entré dans sa chambre?
HÉLÈNE
Quoi?
PIERRE
« Eh bien! papa... on ne te voit pas souvent! »
HÉLÈNE
C'est drôle... oui!...
PIERRE
Enfin ! espérons que maintenant. . . Quand pars-tu pour le Midi?
HÉLÈNE
Dès que ma santé ne s'y opposera plus.
PIERRE, — un temps.
Me permettras-tu de t'accompagner?
HÉLÈNE
Veux-tu que nous nous parlions bien franchement, mon ami?
PIERRE
Certes, oui, Hélène... Je suis à ta discrétion, tu entends? à ton entière discrétion... Maman, dans son désir de refaire notre ménage, dans son affection pour moi, n'a pas toujours été très douce ni très conciliante, je le sais... Mais elle est bonne, au fond, et tendre, une fois qu'on a accepté son despotisme, ou plutôt qu'on a fait semblant de l'accepter... elle n'en demande pas davantage... En tout cas, il y a moi qui ne veux plus sous aucun prétexte qu'on t'occasionne le moindre souci... Je tiens à ce qu'on ne force pas ta volonté.