SCENE VIII SÉBASTIEN, HÉLÈNE
HÉLÈNE
Ah! Sébastien, mon petit, mon ami... mon petit Sébastien... te voilà!...
SÉLÎASTIEN.
Oui, ma chérie, oui... (Hélène porte la main à .son
cœur. La regardant.) Mais qu'est-ce que tu as ? qu'estce que tu as ?
HÉLÈNE
Ne t'inquiète pas... J'ai ça de temps en temps... Une douleur atroce et qui disparaît vite, heureusement... Et puis il me reste une sensation très douce... je m'anéantis... je m'anéantis... Ce n'est rien, va!... Oh! quelle bonne idée j'ai eu de t'écrire... C'est bien pour moi que tu es venu, au moins ?
SÉBASTIEN
Pour toi uniquement.
HÉLÈNE
Quand es-tu arrivé ?
SEBASTIEN
A linstant.
HÉLÈNE
Marguerite va bien?
SÉBASTIEN
Oui, très bien... Mais pourquoi ne m'avais-tu pas écrit plus tôt que tu étais souffrante?
HÉLÈNE
Tu n'aurais peut-être pas pu te déranger et alors ça m'aurait fait trop de peine... Oh ! d'ailleurs, j'ai été parfaitement soignée... Ma cousine a été d'un dévouement... d'une bonté...
Est-ce que ce n'est pas madame Ardouin que j'ai aperçue en entrant?
HÉLÈNE
Oui... c'est elle... Elle a été très dévouée aussi quoique tout à l'heure elle ait voulu m'empêcher de te voir... Je me suis mise en colère, ça a failli me tuer, tout bonnement. Enfin ! je lui pardonne. Elle est dans son droit ou elle se croit dans son droit, ce qui est encore pire... (Un temps.) Mon mari est venu aussi.
SÉBASTIEN
Ah!
HÉLÈNE
11 est venu aujourd'hui et pour la première fois depuis deux ans... Ecoute-moi, Sébastien... Je vais rentrer là-bas, avec lui. Oui. dès que je serai rétablie je rentrerai à Villensel et cette fois-ci, je crois bien que je ne te reverrai plus. Va, ne proteste pas... Nous savons bien l'un et l'autre que nous sommes séparés pour toujours...