ACTE III, SCÈNE I
LAIIURE.
Je ne m'occupe pas des choses de théâtre. Je suis chargé de la politique étrangère.
SOLA.NGi;.
C'est beau!
LAHURE
Mais, c'est vous qui devriez y être, à cette répétition générale... Vous êtes des artistes.
SOLANGE
Evidemment, nous devrions y être, ce serait notre place. Seulement, on ne nous a pas invitées.
JULIETTE
Nous n'en valons pas la peine.
SOLANGE
D'ailleurs, il n'y a pas à le regretter. Nous avons des renseignements sur la pièce par des camarades qui jouent dedans. 11 paraît que c'est la boue!
LAHURE
La boue?
SOLANGE
Oui, monsieur Lahure. C'est une expression du Conservatoire. Quand quelque chose vous dégoûte ou qu'il vous arrive une déception, on dit : « la boue ! »
JULIETTE
La boue!
LAHURE
Ah! parfaitement.
JULIETTE
Oui, ça soulage.
SOLANGE
Et, dans la vie de théâtre, ce n'est pas les occasions qui manquent.
LAHURE, à part.
Si Bianca me voyait! {Haut.'] Maintenant, mes petites amies, laissez-moi aller travailler,
JULÎETTK.
Restez encore un peu avec nous, monsieur Lahure,
PROSPER, qui a fini de ranger, se relùurne, aperçoit ce spectnrle t't manifeste de la mauvaixe humeur.
Oh ! oh ! mesdemoiselles, vous seriez peut-être mieux dans le cabinet de monsieur le courriériste des théâtres,
SOLANGE
Il n'est pas arrivé... Iln'y a personne au journal. Ils sont tous à la répétition...
(Sur un geste de Lahure, elles se sont levées toutes les deux et se retirent à droite, dans le couloir. Paraissent monsieur et madame Villerhois.J
MADAME VILLERBOIS (VALÉRIE).
Prosper, monsieur de Jersot est-il au journal?
PROSPER
Oui, madame, il vient d'arriver.
VALÉRIE
Ah! je l'aperçois... Monsieur de Jersot!
DE JERSOT.
Madame... Cher monsieur Villerbois...
VALÉRIE
Dites-moi... Etiez-vous à l'ambassade d'Angleterre ?
DE JERSOT.
J'y ai passé un instant... Et vous, madame?
VALÉRIE
Nous en venons, mon mari et moi.