ACTE m, SCliNE IV
ne pas les suivre... Aussi, je les suis toujours... Quest-ce que tu veux; ? Qu'est-ce que tu exiges ? .Je vais le faire tout de suite ! Veux-tu que je l)0uleverse le journal ! Veux-tu que je mette Laliure au courrier des théâtres et Prosper à la politique étrangère? Tu n'as qu'un signe à faire !
LUCK
Tais-toi ! tais-toi ! Je t'aime ! (ciumgeani de ton. i Tu ne me dis pas comment tu as trouvé mon article de ce matin !
BOURDOLLK.
Merveilleux, ma chérie... Tu as un énorme talent... et tes articles ont un succès fou.
LUCE
Tu crois?... là, vraiment?
BOIRDOLLK.
J'en ai entendu parler dans tous les milieux... A la Chambre, il y a dix de mes collègues qui mont demandé qui signait Lucinde... On veut avoir dos détails sur toi, sur ta vie... Je réponds que je no sais rien... Tout le monde est intrigué : c'est la célébrité qui commence.
LUGE
Oui... ça, je le sens moi-même... Ce soir, au théâtre, il y avait des gens qui me regardaient, tu sais ?
BOURDOLLE.
Tu es heureuse, dis?
LUGE
C'était mon rêveî... Ah! mon chéri... avoir la gloire, se détacher en beauté de la troupe vulgaire des autres femmes ! Faire murmurer les
no LES FAVORITES
gens quand on passe! Etre détestée et aimée... Et, un jour, posséder Paris à nous deux!
BOURDOLLE.
La moitié chacun...
LUGE
Ne plaisante pas... L'amour et l'ambition, c'est pour moi la môme chose ! Au fait, tu ne sais pas ce qu'on me propose?
BOURDOLLE.
Non.
Arnold est venu chez moi cet après-midi.
BOURDOLLE.
Qu'est-ce que c'est que ça, Arnold ?
LUGE
Tu ne connais pas Arnold? Celui qui org^anise ces conférences !
BOURDOLLE.
Ah! bon... oui, ah! oui...
LUGE
Il est venu me proposer d'en faire une.
BOURDOLLE.
Une conférence, toi !
LUGE
Oui. Il m'a dit qu'une conférence de moi, en ce moment-ci, à la salle Arnold, l'endroit le plus élégant de Paris, ça aurait un grand retentissement.
BOURDOLLE.
Tu as accepté, j'espère?