SCENE V CÉCILE, LAZARE
CÉCILE
Libre ! Tu es libre !
LAZARE
Acquitté, oui.
CÉCILE
Ah ! que je suis heureuse ! J'ai envie à la fois de rire et de pleurer... Je ne sais pas... Racontemoi...
LAZARE
Plus lard... C'est comme si, moi-même, je sortais d'un rêve... Ce verdict si imprévu...
Oh ! pas pour moi ! Jetais bien sûre qu'ils t'acquitteraient. Ils ne pouvaient pas te condamner,
1 84 l'attentat
voyons... Ah! les braves gens! Il me semble, si j'avais été là, que je les aurais tous embrassés...
LAZARE
Oh! tous... J'ai bénéficié de la minorité de faveur, paraît-il.
CÉCILE
Qu'est-ce que ça fait? Le résultat est le même. Tu es libre. Tu vas pouvoir travailler... As-tu songé à ce que tu allais faire ?
LAZAIiE.
Oui. J'en ai même déjà parlé au père, qui m'approuve.
CÉCILE
Serais-je indiscrète en te demandant...?
LAZARE
Non. Je ne me soucie pas du tout de chercher un emploi, ni de gratter du papier. A mon âge, il n'est pas trop tard pour faire l'apprentissage d'un métier, celui-ci, par exemple, qui me plaît.
CÉCILE
Non, vrai?... Ah ! tu ne sais pas la joie que tu me causes !
LAZARE
11 11 y a qu'une chose que je n ai pas dite au père. Il sera toujours temps.
Mais, à moi, tu peux la dire.
LAZARE
Eh bien, cet apprentissage indispensable, j'ai l'intention de le faire en province et peut-être même à l'étranger.