ACTE I, SCKNE I
MADAMK JANSOX.
Tu es sublime... Ça arrive pcul-èlre dans toutes les iamilles ?
ROLAND
Dans beaucoup.
MADAMK JANSON.
En tout cas, ce n'était jamais arrivé dans la nôtre. Je sais que tu en prends facilement ton parti et que tu as des idées très larges... Mais moi, que veux-tu? je suis d'un temps où les jeunes lilles de la bourgeoisie n'avaient pas d'enlants avant leur mariage, ou bien, quand elles en avaient, c'était considéré comme un désastre... tu entends... comme un désastre... Aujourd'hui, ce n'est plus pour vous qu'un petit incident de la vie courante...
1!(JLAM).
Tu vas trop loin.
MADAME JAiNSOX.
Yvonne a commis une faute impardonnable et dont je ne me consolerai jamais... Pauvre enfant! pauvre enfant! Dieu veuille qu'elle ne l'expie pas un jour cruellement! Gomment une pareille aventure a-l-elle pu arriver, avec l'éducation que ta sœur avait reçue? Je ne le comprends pas encore. C'est inouï!... Mais avoue au moins que c'est inouï!
ROLAND
Tu sais bien qu'au fond, je suis aussi navré que toi.
MADAME JANSOX.
Je ne la surveillais peut-être pas assez. Ce maudit Georges m'avait demandé sa main. Je le traitais en fiancé. Qui peut concevoir de pareilles
206 l'oiseau BLESSé
horreurs? Tiens, il y a des heures oi^i je me félicite presque d'avoir perdu ton père... Voilà où j'en suis... (^ar il aurait été capable de les tuer tous les deux... c'était un homme très violent.
ROLAM».
Nous aurions été bien avancés.
MADAME JAXSON, après un Unniis.
Et où est-il, maintenant, (îeorges? Est-il de retour de ce voyage ?
ROLAND
Pas encore.
MADAME JANSON
Tu as de ses nouvelles?
ROLAND
De temps en temps.
MADAME JANSON
De bonnes nouvelles ?
ROLAND
Oui.
Regarde-moi. Tu crois toujours qu'il épousera Yvonne ?
ROLAND
Je n'en doute pas.
>L\DAME JANSON
Et Yvonne ?
ROLAND
Yvonne non plus. Georges s'est heurté brusquement au refus de son père; il ne s'y attendait pas. Mais il obtiendra son consentement, c'est certain.