ACTE I, SCÈNE I
MADAME JANSON
Il non a plus besoin, puisque nous avons une nouvelle loi. Elle est monstrueuse, cette nouvelle loi, mais puisqu'elle existe, il faut s'en servir.
ROLAND
On s'en servira, ne te tourmente pas, et laissenous agir, Yvonne et moi. Nous en sortirons honorablement, je te le promets. Rien n'est désespéré, personne n'est mort. Au contraire, il y a quelqu'un qui en a profité pour naître. Tu n'es donc pas contente d'avoir un petit-fils?
MADAME JANSON
Quand ce petit-fils aura un père, alors, oui, je serai contente... je serai même heureuse. Mais tu ne me feras pas prendre en souriant une situation qui est douloureuse, qui est tragique, qui entraîne notre déshonneur... mais oui... oui... notre déshonneur. J'ai sur ce sujet des idées plus simples que les tiennes et je considère que 1 honneur ne nous sera rendu que lorsque ta sœur aura épousé le père de son enfant. Ce n'est peut-être pas une conception très profonde ni très subtile, mais elle m'a sufii jusqu'à présent pour rester une honnête femme.
ROLAND, l'eiahrassunt.
Je suis de ton avis, là!
MADAME JANSON
Je l'espère. Ta sœur n'est donc pas encore revenue? Pourquoi reste-t-elle si longtemps dehors ?
ROLAND
Elle est allée faire des emplettes pour le petit.
208 l'oiseau blessé
MADAME JANSON
Je n'aime guère à la savoir seule dans Paris. Il n'y a pas de mystère là-dessous?
ROLAND
Aucun.
MADAME JANSOX.
Vous me dites bien tout?
ROLAND
Tout.
Don. Alors, quand Yvonne rentrera, tu me préviendras... j'entends le petit qui se réveille...
(Elle sort à droite.)