‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 135 sur 272 · SCENE VIII SALVIKHE, MADELEINE · texte numérisé non relu

SCENE VIII SALVIKHE, MADELEINE

MADELEINE, sourUtnl.

Quel est ce grand service?

SALVIÈRE.

Fort peu de chose en réalité... Figure-toi que cette jeune fille a la vague ambition d'entrer au théâtre...

MADELEINE, même jm.

Au théâtre? Elle veut être actrice ?.,.

SALVIÈRE.

Il paraît. . .

MADELEINE, toujours très (juiemeid.

Et c'est de théâtre que vous avez parlé si longtemps? Allons! Ça n'a pas été aussi tragique que je le craignais... Tu ne voulais pas venir... tu vois que tu avais tort... Et les propositions de Georges?

SALVIÈRE.

Elle ne les accepte pas... Et j'ai l'impression qu'elle est .sincère... C'est une personne qui a dans l'esprit un mélange de bon sens, de gravité et d'incohérence qui n'est pas sans charme. Je m'explique parfaitement l'aventure qui lui est arrivée!... Enfin! Nous sommes très bien ensemble : elle m'a fait ses petites confidences et, pour me montrer ses aptitudes, elle m'a récité une fable de La Fontaine. Et, ma foi, si biiMi,

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que j'ai riiitention d'en parler à Villerat pour sa procliuine soirée... à moins que tu ne me désapprouves.

MADELEINE

Du tout... du tuut... C est très amusant... Elle la récité une Table de La Fontaine! .. Et nous qui nous imatiinions tomber en plein drame!... C'est comme ce jeune homme, avec qui je viens de causer quelques instants... Certes, il est distingué... mais il est terriblement calme et froid pour une situation pareille... La mère est la seule des trois qui me paraisse normale: c'est une bonne femme... Ah çà ! Pourquoi ris-tu?

SALVIÈRE.

Je ris de l'espèce de déception que tu éprouves. Tu as été profondément émue quand notre cousin t'a raconté cette histoire et alors, tu t'attendais à voir une famille en larmes et des gens traduisant leur désespoir avec des gestes pathétiques. Et voilà que tu es sur le point de ne plus l'intéresser à eux parce qu'ils s'expriment naturellement.

MADELEINE

Dis tout de suite que je suis théâtrale et romanesque !

SALVIÈRE.

Non, tu as au contraire la pitié la plus profonde et la plus franche, et il y a peu de femmes aussi délicatement sensibles que toi... Mais ton imagination a construit un drame et la réalité t'en donne un autre. Alors, tu es surprise. Attends un peu : le vrai est peut-être, au fond, plus poignant que celui que tu te hgurais. La vie impose quelquefois le drame à des êtres très simples, et même comiques.

{Entrent Roland et Yconne.)

L OISEAU BLESSE

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