SCENE VI SALVIÈRE, YVONNE, puis BOMBEL
YVONNE
Dites-moi? Ce n'est pas une inconséquence que j'ai commise, au moins?
SALVIÈRE.
Vous? Et en quoi faisant?
YVONNE
En vous priant de rester un peu avec moi...
ACTi: H, sri:NK vi 2()!?
Il ma semblé que cette d;ime me regardait de coté.
SALVIÈRE.
Cette dame vous regardait de côté et môme de travers, parce que vous êtes très jolie et que notre amitié Tintrigue. Ne vous en occupez pas. Mais ne comptez pas trop sur elle pour vous applaudir tout à Theure. Ne craignez rien, il y en aura dautres. Pour ce qui est de me retenir auprès de vous, un instant, vous n'avez fait qu'user de votre droit strict, puisqu'il est convenu que je suis votre parrain...
YVONNi:.
Ça, c'est encore une inconséquence, car madame Salvière ne le sait pas, et c'est un petit secret entre nous deux. Nous avons eu tort...
SALVIÈRE.
Oui, mais il est trop tard. Quand on a un parrain, c'est pour la vie.
YVONNE
N'importe, il va falloir que je me surveille davantage... et que je devienne sérieuse... Aussi, vous allez me quitter, vous êtes resté assez longtemps... D'ailleurs, j'ai besoin de repasser ma fable. Vous voyez, je n'ai que le temps... Allons! laissez-moi... et allez-vous-en.
SALVIÈRE.
Oui... oui... je vous laisse... Mais auparavant, il faut que je vous demande un petit renseignement.
Dépêchez-vous.
SALVIÈRE.
Est-ce que vous avez de l'amitié pour moi?
264 I.'oiSF.Af lU.ESSK
YVONNE
Cette question est absurde. J'ai une très grande amitié pour vous... Oui... je vous aime vraiment beaucoup, sans parler de la reconnaissance que je vous dois...
SALVIÈRE.
En somme, vous m'aimez comme un monsieur d'un certain âge qui veut bien s'occuper de votre avenir.
YVONNE
C'est très méchant ce que vous dites-là... D'abord, vous savez parfaitement que vous n'èles pas ce qu'on appelle un monsieur d'un certain âge... Vous savez bien que vous êtes jeune, beau garçon, et qu'en outre vous êtes un monsieur célèbre et admiré, vous savez tout cela, mais vous avez voulu vous faire faire des compliments.
SALVIÈRE.
Je les accepte, mais je ne vous les demandais pas.
YNONNE.
Mais si, vous me les demandiez, je commence à vous connaître.
SALVIERE, ifiii s'est l'Iaiffiië. rt'rrn.int sur ses p;is.
Quoi ?
SAL\IÈUE.
Je dois vous prévenir loyalement que la première fois que nous nous trouverons seuls ensemble, comme cela nous est déjà arrivé, je vous prendrai dans mes bras et je vous embrasserai indéfiniment.
YVONNE
Mais j'en étais sûre, que vous en arriveriez-là!...