ACTE II, s<;i:nk vi
J'en étais bien sûre... C'est bête ce que vous venez de faire... Vous savez, c'est très bête... et ça me cause un gros chagrin...
SALVIÈRE.
Et pourquoi ?
YVONXE.
Parce que ça me prouve d'abord que vous n'avez aucune affection, et ensuite que vous n'avez aucune estime pour moi... Non! aucune estime, car vous n'allez pas me dire que vous n'aimez pas votre femme, n'est-ce pas? qu'elle n'est pas belle, qu'elle n'est pas séduisante, et que vous n'en êtes pas très amoureux ? Ça se voit d'ailleurs... Et moi, alors, vous me prendriez comme ça, négligemment... comme on goûte une liqueur inconnue, mais dont la couleur vous plaît... Mon parrain, je ne suis pas une personne aussi insignifiante que ça... Vous m'avez dit plusieurs fois que je vous amusais, et je sais bien qu'il ne tiendrait qu'à moi de vous amuser davantage. Mais moi, je ne suis pas sûre de m'amuser autant que vous... surtout après.
SALVIÈRE.
C'est bien. Oh! c'est bien, n'en parlons plus... Je me suis conduit comme un imbécile...
YVONNE
Pas comme un imbécile, mais comme un homme ordinaire.
SALVIÈRE.
Et vous m'avez répondu, vous, avec beaucoup de sang-froid, par des raisons d'une justesse et d'une cruauté définitives.