ACTE II, SC.KNK XVI
voulait pas se mêler de politique et qu'il préférait rester à Paris.
MADELEINE, agiti^e.
Oui... oui... oh! c'est cela!... Et c'est lui, n'est-ce pas, qui vous avait recommandé de ne me rien dire ?
VILLKRAT.
En etîet... en effet... Mais qu'est-ce que vous avez?... Voyons, Madeleine!... Je sens qu'il y a quelque chose... Conliez-vous à moi!... Je suis votre ami.
MADELEINE, touchant le bras de Villerat, changeant de ton.
Eh bien! Voulez-vous que je vous la dise, la vraie raison de son refus, ou plutôt voulez-vous
que je vous la montre? (Le faisant retourner vers le
fond.) Tenez, regardez! C'est cette petite femme qui est là près de lui et dont il cherche à frôler la main!
VILLERAT.
Allons donc ! cette petite actrice ? Vous plaisantez !
MADELEINE
Elle n'est pas encore sa maîtresse, j'en suis convaincue, j'en suis même sûre! Mais vous voyez l'influence qu'elle a déjà sur lui ! Allez, celle-là, c'est l'ennemie ! la vraie ! celle que toute femme trop heureuse finit toujours par rencontrer dans sa vie !
VILLERAT.
C'est possible, mais je connais mon amie Madeleine... et personne ne lui résistera... C'est une victorieuse. Raymond sera ambassadeur demain matin.
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MADELEINE
Jusqu'à présent, oui, j'ai été Ja plus forte. Mais, je peux vous le dire, à vous qui êtes mon ami et devant qui je n'ai pas besoin d'être orgueilleuse, cette fois-ci je me sens menacée. Je suis plus belle qu'elle, peut-être, mais c'est une créature d'une autre classe que moi... Elle est plus nerveuse et plus âpre... enfin, elle a dans les yeux et dans le sang quelque chose que je n'ai pas... et par quoi elle peut me vaincre.
VILLERAT.
Je l'en défie!
MADELEINE
N'importe, nous verrons. Je ne suis pas de celles qui gémissent et qui désertent, et je vais tâcher de défendre le foyer, le mari et le maître. Et si je succombe, Villerat, je vous jure que ce ne sera pas sans avoir opposé une belle résistance.
VILLEHAT, la regardant.
Belle, c'est lé mot.