SCENE III
EMM.A, MADAME ERNEST, VALENTINE, puis FARJOLLE.
MADAME ERNEST
Alil je m'explique qu'on ne vous rencontre plus nulle part!
\ALK.\TI.\E.
Et moi!
EMMA
Alors, c'est un scandale!
MADAME ERNEST
Vous êtes bien libre de faire ce qui vous plaît, certainement. Mais on en parlera dans le quartier, vous ne l'empêcherez pas.
EMMA
.le passais donc pour une rosit're?
MADAME ERNEST
Non. Mais vous passiez pour une femme extrêmement sérieuse. Si on s'attendait à quelque chose de vous, c'était à apprendre votre mariage un jour ou l'autre, surtout depuis que vous avez vondu le magasin et que vous vous clés retirée des alTaires.
3o6 (Il 1 in:iiu gagne
EMMA
Mais on ne s'attendait pas à me voir prendre un amant?... Alors, vous supposiez qu'à mon âge, j'en étais à ma première bêtise?
MADAME ERNEST
On n'allait pas si loin.
EMMA
Rélle'chissez, mes enfants. Je suis née à Montmartre, je ne l'ai jamais quitté, j yai été ouvrière, j'ai perdu mes parents quand j'avais dix-sept ans, j'en ai plus de trente, vous ne voudriez pasl... Seulement, je ne me suis jamais aflichée... Tenez, je vois ce qui vous amène de si bon matin : vous êtes intriguées, vous voudriez savoir. Eh bien, je vais tout vous dire parce que vous êtes mes amies et qu'on ne doit pas priver ses amies du plaisir d'aller potiner dans le quartier. Voici : Il y a un mois que je suis avec M. René Farjolle, trente-cinq ans, joli garçon, exerçant la profession de journaliste. 11 est très gai; nous nous aimons beaucoup, nous sommes très contents l'un de l'autre et il n'y a aucune raison pour que ça finisse. Maintenant, mes enfants, je vous congédie. Allez-vous-en, et que demain personne n'ignore cette histoire, entre la place Blanche et l'avenue Trudaine.
VALENTINE
Vous pouvez vous en rapporter à nous!
(Entre Farjolle.)
EMMA
Je vais même vous présenter monsieur Farjolle tout de suite. Vous en avez une, de chance!... Monsieur Farjolle... Madame Ernest et mad<:'-