SCENE V Les Mêmes, VÉLARD
FARJOLLE.
Entrez, cher ami... Quelle bonne surprise ! Nous venons de parler de vous.
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VÉLARD.
Mes hommages, chère madame.
Il lui baise la main.)
EMMA
Bonjour, monsieur V^élard... asseyez-vous.
VÉLARD.
Je ne vous dérange pas?
FARJOLLE.
Jamais ! Ou'y a-t-il pour votre service, cher ami ?
VÉLARD.
Je viens vous prier de me servir de témoin contre Lionel, avec qui j'ai eu une altercation, cette nuit, au cerle.
Voyons? Mais c'est très grave, Vélard, ce que vous me racontez là! un duel! Fichtre, comme vous y allez! Mais à propos de quoi?
EMMA, discrck:
Je vous laisse.
XKLXIU).
Mais non, chère madame, restez, je vous en prie. Il n'y a aucun mystère. C'est une histoire bête comme tout, au contraire... (A FarjoiU:) Vous savez la manie qu'a Lionel de traiter tout le monde de canaille, de crapule, de fripouille...
FARJOLLE.
Ça n'a aucune importance, dans sa bouche. Comme vous le dites fort bien, c'est une manie.
VÉLARD.
Oui, mai.s à lu longue, elle est agaçante.
366 (^"1 rK»D GAGNE
EMMA
Gomment, monsieur Vélard, ce monsieur vous a appelé...?
VKLAP.D.
Il m'a appelé « fripouille », oui, chère madame.
EMMA. imUaiuK-.
Oh!
Mais à quel propos?
VÉLARD.
J'étais, cette nuit, au cercle, vers une heure du matin, pour manger un morceau. Je pousse la porte de la salle à manger et j'entends cette fin de conversation : « (Juaut à Yélard, c'est une petite fripouille, tout honnement. »
FARJOLLE.-
C'était Lionel qui...?
VÉLARD.
Oui, à une table où se trouvaient aussi Brasier, Ravenel, quelques camarades. Vous comprenez? Ma situation était fausse. Je pouvais, à la rigueur, faire celui qui n'a pas entendu et m'asseoir tranquillement à coté d'eux, comme si de rien n'était...
FARJOLLE.
C'est ce que j'aurais fait à votre place.
VÉLARD.
Moi aussi, peut-être, dans une autre circonstance. Mais il y a longtemps que je voulais donner une leçon à Lionel pour lui apprendre à parler un peu mieux de ses camarades Et puis, j'étais de mauvaise humeur. J'avais été roulé dans l'après-midi par cette canaille de Moussac... Bref,