‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 212 sur 272 · ACTE r, SCtNE VIlI · texte numérisé non relu

ACTE r, SCtNE VIlI

(.racouipto ? Cinquante francs. Mais, maintenant, j'en ai assez ! Il coinnicnce à gagner de rarg:ent, je vais le poursuivre, je vais le faire saisir. Je le poursuivrai à boulets rouges !

EMMA

Tâchez de ne pas faire de potin ici, n'est-ce pas? Ne dirait-on pas qu'on vous doit une fortune ! Ou'est-ce qu'il vous doit, d'abord, monsieur Farjolle?

MONSIEUR EROMEXT.

Cinq cents francs, moins les cinquante. Voici la facture, je l'ai toujours sur moi.

EMMA

Et c'est pour cinq cents francs que vous menez ce train-là !... Asseyez- vous. Faites-moi un reçu pour solde de tout compte. Je vais vous régler... Vous n'aurez pas beaucoup de clients, vous, avec ces manières-là !

. (Elle vu dans lai pièce à côté.)

MONSIEUR FROMENT, rudouci.

Mais, madame, si j'avais su !

EMMA, <■■( la canlonnade, en faitsant aller la clef d'un co/J re-fort doM 01Ï entend le br'aît de la ietrure.

C'est bon ! c'est bon ! on ne vous demande pas

d'explications... (Elle redenl avec un hillel de mille

francs.) Teuez, dounez-moi de la monnaie et acquittez-moi la facture.

MONSIEUR FROMENT, finixifanl <lik-rire.

Voilà, madame, voilà I Je ne pouvais pas prévoir, moi...

EMMA

Ça prouve que vous ne connaissez pas monsieur

FarjoUe. Apprenez, pour votre gouverne, que c'est lui qui m'a remis ces mille francs-là, tout à l'heure, en me disant : « Si mon tailleur arrive de Rouen, paye-lui sa note 1 »

MONSIEUR FROMENT

Il m'avait donc reconnu hier, car je l'ai rencontré sur le boulevard.

EMMA

Probable !

MONSIEUR FROMENT

Que d'excuses, madame ! Faites-lui toutes mes excuses, je vous en supplie.

EMM.V. voy.inl ontrer FarjoUe.

Faites-les-lui vous même.

FARJOLLE, à part, en entrant.

Nom de nom ! le père Froment !

MONSIEUR FROMENT, all.mt ;i F.irjolle et lui prenant la main.

Ah ! monsieur FarjoUe, il ne faut pas m'en vouloir, il faut me pardonner 1 Vous devriez revenir à la maison. Il y a des tas de messieurs de Paris qui se font habiller en province.

PWRJOLLE, étonné, main avec dignité.

Nous verrons ça plus tard, monsieur Froment.

MONSIEUR FROMENT

Tout à votre service... Ah! vous avez joliment fait votre chemin, et je suis bien content... Au revoir, monsieur FarjoUe, au revoir... Madame, votre serviteur.

(H sort. y

:',si

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