ACTE III, SCKNE II \M
EMMA, sus-seutint.
Qu'est-ce que ça vous tait? Pourvu que je sois contente, proiîtez-en!
\ÉLA1!D.
Oui, je vais en proliter , évidemment. Mais vous devez sentir que c'est tout de même humiliant pour moi de dépendre ainsi de votre mari. Quand il a des ennuis, vous ne venez pas, ou Iden, si vous venez, votre pensée est ailleurs et vous ne songez qu'à repartir ! Et, pour une fois que vous êtes tendre, c'est encore à Farjolle que je le dois. Bref, je ne suis heureux que quand Farjolle est satisfait! Je vous assure, Emma, que, pour un homme qui vous aime comme je vous aime, c'est une situation pénible.
EMxMA.
Pénible! Je vous en prie, plaignez-vous!
VÉLARI).
Oui, je me plains. Je sais ce que c'est que le véritable amour... J'ai été follement aimé par des femmes que je n'aimais pas, et je découvre, maintenant, pourquoi elles étaient malheureuses!. . Elles sont bien vengées!
(Il pleure prescfiie.)
i:mma.
Voyons, mon petit.... Ne vous mettez pas dans des états pareils. Vous savez que j'ai une grande sympathie pour vous.
VKLARD.
C'est atTreux ce que vous dites là! Comprenez donc que je suis jaloux, jaloux ! Si je n'étais pas jaloux, je ne serais pas amoureux!
EMMA
Mon cher, quand on aime une femme mariée, on peut être jaloux de tout le monde... mais pas de son mari !
VÉLARD.
Mais je suis aussi jaloux de tout le monde ! Car il y a des tas de gens qui vous font la cour, et Farjolle ne s'en aperçoit môme pas!
EMMA
Y a des tas de gens qui me font la cour?
VÉLARD.
Oui... et vous le savez bien!
EMMA
Qui (;a, s'il vous plaît?
VÉLARD.
Vérugna, pour ne parler que de lui! L'autre jour, à ce souper que Laure a donné pour fctcr son collage avec le ministre, vous étiez entre l'ambassadeur de Turquie et Vérugna. Et je n'ai jamais vu le patron dans cet état-là! Il l'a regardée, votre poitrine! Il peut la dessiner de mémoire...
EMMA
Vous devriez être très fier!
^ÉLARr).
Non. je ne suis pas fier, car je vois bien que je ne compte pas pour vous!
EMMA
Vous êtes ingrat! J'ai fait pour vous une chose très grave... et que je n'aurais pas faite pour un autre...