‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 246 sur 272 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

VÉLARD, JULIETTE, puis BRISSOT.

VÉLARD.

Voilà une femme qui me fera faire de la bile !

.IULIKTTlî, entrant.

Monsieur?

VÉLARD.

Comment, c'est vous! Je vous avais défendu de me déranger.

JULIETTE

Un ami de monsieur demande monsieur!

VÉLARD.

Oh! je ne reçois personne... Vous n'avez donc pas dit que j'étais sorti?

JULIETTE

Je l'ai dit à ce monsieur, mais il a insisté. Il

Ï*Z QII PEnn GAGNE

tient à vous voir tout de suite... pour une affaire importante.

\'liL.VHI).

Vous le connaissez, ce monsieur?

JULIETTE

Non... Il n'est jamais venu ici.

\ I.EAlîD.

Il VOUS a dit son nom?

JULIETTE

Il n'a pas voulu.

VÉL.\UD

Et il a insisté?

JULIETTE

Beaucoup, monsieur, et même, comme il insistait malgré tout, je me suis permis de lui dire que vous étiez avec une dame...

VÉLARD.

Et ça ne l'a pas arrête?

JULIETTE

Au contraire... Il s'est mis à rire et a répondu : « Ça ne fait rien, je n'ai qu'un mot à lui dire... »

VÊLAIU), russtirr.

Ail! Il s'est mis à rire. . tant mieux... Alors. ce n est pas ce que je craignais... IMadeiiioiselIc .luliette, vous allez redescendre et dire à ce monsieur qu il revienne demain matin.

(On sonne. j

JULIETTE

C'est lui qui sonne! C'est encore lui!... Faut-il ouvrir?

ACTi: III. SCK.Ni; III i43

VKI.AHl).

Mais, jamais de la vie... -iji/re sonnerie.; Laissez-le sonner tant qu'il voudra... f Autre sonnerie.) Ça commence à devenir agaçant !

JULIETTE

J'avais oublié de vous dire que ce monsieur m'a prévenue qu'il sonnerait comme ça jusqu'à ce qu'on lui ouvre.

(Sonnerie.!

VÉLARD.

Vraiment?

U'LIETTE

Oui, ça avait l'air de l'amuser beaucoup, cette idée-là !

VÉLAUD. Inrieu.r.

Eh bien, allez lui ouvrir! Je vais le recevoir et ça ne va pas traîner!

.TILIKTTE. M,rU,nt.

Je crois, monsieur, que c'est ce (}u il y a de mieux à l'aire!

Elle sort.

VÉLARD. .seul.

Je parie que c'est une farce de Brasier?

fJulielle rentre avec Brissol.)

BRISSOT. entrant, jiurde.ssu.'i tré.s èléijanl.

Bonjour, mon cher monsieur Vélard, coaimcnt allez- vous?

VELARD.

Ah! c'est vous, monsieur Brissot, qui faites ce vacarme ?

BRISSOT

Oui... Vous m'excusez, n'est-ce pas? On me

444 QUI PERD CiAGNE

délendait votre porte... et j'avais absolument besoin de vous voir.

VÉLARD.

Qu'est-ce que vous pouvez avoir à me dire?

BRISSOT

J'ai un petit service à vous demander, mon cher ami!

VKLARD.

Un service à me demander! Mais, mon cher monsieur Brissot, vous auriez un service à me rendre que je n'aurais pas le temps de causer avec vous! Ainsi, vous voyez...

BRISSOT, sHi>xeiiuiit.

C'est l'affaire d'une minute.

VELARD, (iécouragf^.

Allons... Mais, au nom du ciel, dépêchezvous!

BRISSOT

Figurez-vous qu'il vient de me tomber une quantité de gens de province dont je ne peux me débarrasser qu'en les menant au théâtre!... Or, vous m'avez dit souvent, au café : « Mon cher Brissot, quand vous voudrez des billets de théâtre, ne vous gênez pas. J'en ai tant que j'en veux... >>

VKLARD.

Et c'est pour ça?... i Tirant non portefeuille.) Tenez.

voici une lo^e pour ce soir au Moulin, une autre pour l'Olympia et une autre pour Ba-ta-Clan... Là!... Et maintenant, je vous en supplie...

(Il le pousse rers la parle.)

At;TK III, sci'cNi: i\ 44;

BRISSOT

Ce n'est pas tout... Renvoyez cette jeune per sonne!

VÉL.\RD

Mais, sacristi!

BRISSOT, avec une autorité subite.

Renvoyez cette jeune personne!

VÉLARI).

Laissez-nous, Juliette.

(JaUelle !<orl.J

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