‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 247 sur 272 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

BRISSOT, VÉLARD, puis EMMA.

BRISSOT, confidentiel.

Le mari est là.

VÉLARD, alJolé.

Le mari?... Quel mari?

BRISSOT

Le mari de cette dame.

VÉLARD.

Quelle dame?

BRISSOT

Madame Farjolle! Son mari est avec mon greffier, dans l'antichambre, ils sont montés derrière moi.

VÉLARD.

Qu'est-ce que vous me chantez?

BRISSOT

Ah! c'est vrai, nous ne nous sommes vus qu'au

44(> (JLI PEni) GAGNE

café, et vous ignorez peut-être que jo suis le eom missairede police de votre quartier...

fil ouvre son pardexaus et tire un coin de son écliarpe.j VÉLARD. ahivi.

(Jà, écoutez, ç.à!

bhlSSOT.

Monsieur Farjolle est venu me trouver, muni d'une autorisation du procureur delà République, et il m'a requis pour venir surprendre sa femme en (lagrant délit d'adultère avec vous.

VÉLAIil).

11 est donc revenu de Londres?

BIÎISSOT.

Oh! il me paraît revenu de tout.

VÉLARD.

Je VOUS demande pardon. . je n'y suis pas!... Vous venez pour?

DIÎISSOT.

Pour vous dresser procès-verbal à vous, et, si j'ose m'exprimer ainsi, à votre complice... Un peu de sang-froid, que diable! Ce ne sera rien... Je n'ai pas voulu employer, avec un ami de café, le cérémonial un peu solennel qui ameute les locataires et les concierges, cela donne comme un aspect de sacrement à cette formalité du flagrant délit qui devrait être plus simple et plus familière...

VÉLARD.

Alors?

BRISSOT

Alors, en frappant tout à l'heure à votre porte, je me suis contenté de murmurer, comme à moi-même, les paroles d'usage : « Au nom de la

Acri-: III, sci:ni5 \'

l(>i, etc. » llassurcz-voiis, je vous donne ma parole tlhonneur que personne n'a pu entendre II ne me reste plus qu'à vous prier de me présenter à la charmante coupable.

\ KLAHU

Monsieur Brissot, je vous affirme que cette dame est chez moi en visite, en visite seulement...

EMMA. jiHfuinKHiit. Ii's bi'.iK nus.

lAi bien, mon petit Paul, qu'est-ce que vous attendez?... Oh !

(Elle rentre dans la c/iamlire précipilHinnienl.) BRISSOT, riant.

Vous avez raison, elle est en visite!

VÉLARD.

.le vous jure...

BRISSOT

Il n'en faut pas davantage! Elle est dans la tenue exigée par la loi. Vous voyez, c'est enfantin. Vous permettez que j'aille dire un mot à mon gretlier, pendant que vous mettez cette dame au courant?

(IL sort, tandis ({u'Eininn entre, avec son corsuc/e défait .)

Page 1