‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 3 sur 272 · L A ITEM AT · texte numérisé non relu

L A ITEM AT

tinue à descendre, dans deux jours la Seine sera prise. Heureusement que, de Grenelle au Luxembourg, on a le temps de se réchauffer.

CÉCILE

Vous venez toujours à pied?

POSTEL, riant et indiquant ses juniLes.

Toujours... Le train 11 !...

(Il passe dans l'atelier à droile. oie son paletot et se chauffe au poêle. Entre Graffard par le fond à gauche. Il lire une dernière bouffée de sa cigarette et la jette avant d'entrer.)

GRAFFARD

Bonjour, mademoiselle Cécile î

CÉCILE

Bonjour, monsieur Graffard !

GRAFFARD

Il fait friau, ce matin... Le thermomètre du quai de l'Horloge marque dix degrés au-dessous... Mais, comme dit l'autre, on ne s'en aperçoit pas en marchant vite. Il n'y a que les mains. Ah! les mains, par exemple... Tenez!...

( // pose sa main sur celle de Cécile.) CÉCILE, retirant su ntuin.

Le fait est...

(Elle s'éloigne un peu.)

Main froide, cœur chaud.

CÉCILE

Ça se dit.

GRAFFARD

Et ça se prouve... Vous n'avez pas froid, vous?

ACIK I, SCENE I U

CÉCILK.

Mon Dieu, non. Je me donne du mouvement, vous voyez.

GRAFKAHD.

Ça ne lait rien. Je suis sûr que vous avez le

bout du nez gelé, (il cherche à s'en assurer. Elle recule.)

Blague dans le coin, vous devriez au moins mettre un foulard autour du cou.

CÉCILE

N'ayez pas peur. Je ne m'enrhumerai pas. Je n'ai pas le temps.

GUAFFAHD.

C'est vrai qu'on ne vous voit pas souvent inoccupée. Toujours au comptoir, au ménage, ou à l'atelier, en train de donner un coup de main à la mère Touquet. Ah ! l'ouvrage ne vous fait pas peur!... Une petite femme comme vous dans une maison, c'est un trésor. Jamais votre oncle, monsieur Marescot, ne vous remplacera.

Oh ! je n'ai pas l'intention de m'en aller !

GHAFKAIJU.

Pourtant... le mariage?

CÉCILE

Ah! bien... d'ici là...

GRAFFARD

A moins que monsieur Marescot, qui n'est plus jeune, ne vous destine à un relieur comme lui... qui serait son associé d'abord, son successeur ensuite.

10 l'attentat

c:ecile.

Vous n'arrangez pas mal les choses. On voit bien que vous êtes désintéressé dans la question,

GRAfFAUD.

Mademoiselle Cécile... est-ce que vous avez un peu d'estime pour moi?

CÉCILE

De l'estime ?... En voilà une question !

GUAFFARb.

Je ne bois pas, je ne suis pas noceur, je connais la reliure à fond. H y a cinq ans que je suis chez monsieur Marescot... Vous aviez quinze ans... Vous veniez de perdre coup sur coup votre père et votre mère. Votre oncle vous avait recueillie...

Môii oncle est la bonté même.

GHAFFARD.

Ça, on peut le dire et le penser. 11 est plutôt un camarade qu'un patron. Mais, tout de même, ce n'est pas pour ça que je suis festéchez lui... Si je n'avais pas eu l'espoir...

CE(^ILE, l'iiUcrronipunl.

Oui... oui... C'est très bien, monsieur Grafîard. Mais le magasin n'est pas rangé, excusez-moi...

(Elle va au comptoir. GrafJ'ard réprime un yexle de dépit et entre dans l'utelier dont il referme la porte, sans l'oir Postel ([ui se chauffe toujours au poêle.)

ACTl-J I, SciiNK II 11

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