‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 33 sur 272 · SCENE V M( >X TFERRAN, MARGELLE · texte numérisé non relu

SCENE V M( >X TFERRAN, MARGELLE

MONTFERRAX.

Cette brave tante !... Si sa robe était rouge, au lieu d'être noire, elle demanderait ma tête au nom de la vindicte publique. C'est héréditaire dans sa famille.

MARCELLE

Eh bien, je t écoute!

MONTFERRAX. rcg;ir<l;inl niitour de lui.

C'est affreux, ce salon ! . . . C'est d'une tristesse ! . . . Comment, c'est ici que tu demeures depuis trois mois?

Et je m'y trouve fort bien.

MONTFERRAN.

Dans ces meubles 1 Et ces housses 1 ... ce tapis I . . . Cette garniture de cheminée ! Ma pauvre Marcelle, je suis navré... Si j'avais su!...

66 L ATTENTAT

MARCELLK

Voilà que lu as des remords parce que je suis mal logée... Va, mon ami, je suis d'une famille où l'on a riiabitude de la médiocrité. Le luxe ne me manque pas, au contraire. Dis-moi pourquoi tu es venu?

MONTFERRAN,

Jai reçu ta lettre ce matin... J'ai également reçu celle de ton avoué... Ecoute-moi à ton tour avec calme, avec réflexion. Ce divorce est impossible. Je n'en veux pas, je n'en veux sous aucun prétexte.

MARCELLE

Je ne te comprends pas. Le divorce est la conséquence naturelle et forcée de la situation où nous sommes Est-ce que cette situation peut se prolonger? Est-ce qu'un mari et une femme peuvent demeurer éternellement aux deux extrémités de Paris?... Je sais bien que je ne compte pas dans ta vie; je n'ai jamais compté, c'est entendu... Tu as épousé une provinciale de peu d'intelligence, à l'esprit étroit...

-MONTFERRAX.

>L\.RCELLE.

A qui lu n'as jamais rien coniié de La pensée intime, de tes ambitions; mais enfm, si peu que je compte, si peu que me connaissent tes amis, on doit te demander de mes nouvelles de temps en temps. Est-ce que cela ne te gêne pas, voyons?

MONTEE HRAX.

Ça me gène beaucoup. Je réponds que tu es dans notre villa de €annes, pour la santé de Georges. C'est un mensonge; j'ai horreur des mensonges

Page 1