‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 41 sur 272 · ATTKNTAT · texte numérisé non relu

ATTKNTAT

Oui, je suis sa femme. Comprenez- vous, maintenant, mes scrupules et pourquoi je parlais de votre intérêt tout à l'heure? Je suis sûre de moi, je suis sûre que mes sentiments à votre égard ne dépasseront jamais la sympathie. Mais, après l'aveu que vous venez de me faire, je crains que ma présence continuelle n'entretienne l'exaltation où je vous vois. Si vous voulez rester auprès de mon mari, auprès de moi, il faut me promettre d'oublier toutes ces folies.

LAZARE

Vous promettre de ne plus vous aimer, de ne plus penser à vous, parce que je vous verrai davantage... tous les jours?... Est-ce possible?

MARCELLE

Voyons, calmez-vous... Je ne veux pas cependant que vous perdiez votre situation à cause de moi.

LAZARE

Ah! je vous en prie, ne rabaissez pas à des inquiétudes de ce genre l'angoisse de mon cœur déchiré !

MARCELLE

Il guérira. A votre âge, le cœur guérit de toutes les blessures. Qui sait si, plus tard, vous ne me saurez pas gré de vous avoir parlé comme je viens de le faire?

LAZARE

Plus tard? Trop tard!... Ce que vous avez détruit ne se répare pas ! D'un mot, d'une révélation, vous venez de me rejeter au désespoir, à la

Acii: II, sci'iNi: \ii H'.\

haine, à tout ce qui fermentait en moi et y amonl'clait l'orage !

MARCELLE

C'est insensé!... Vous n'êtes pas seul... Vous iivez des parents, une famille...

LAZARE

Je n'ai plus rien 1...

[\ Il Ire Ajjulhe.)

AGATHE

Madame... c'est Monsieur qui ramène le petit... ils se sont arrêtés un moment en bas, chez le pâtissier... Nous avons rencontré Monsieur au Luxembourg.

MARCELLE

Oui, je sais... C'est bien, Agathe. (Sm-i Agaihe.

— A Lazare qui fait quelques pas i^ers la parle:) Ne VOUS

en allez pas, monsieur... 11 n'y a aucun inconvénient à ce que mon mari vous rencontre ici... Vous êtes venu prendre des nouvelles de mon fils, voilà tout. Quant au reste, je veux l'oublier et j'espère que vous l'oublierez aussi.

LAZARE

Oh! soyez tranquille, madame... D'ailleurs, si monsieur Montferran apprenait ce que j'ai eu l'audace de vous dire, il se contenterait de hausser les épaules... Je suis si peu de chose pour lui... et pour vous !...

(Bruit de voix rJans l'antichambre. La porte s'ouvre bientôt. Parait Montferran donnant la main ;i son fils et tenant un paquet de gâteaux dans l'autre main. )

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