ATTKNTAT
Oui, je suis sa femme. Comprenez- vous, maintenant, mes scrupules et pourquoi je parlais de votre intérêt tout à l'heure? Je suis sûre de moi, je suis sûre que mes sentiments à votre égard ne dépasseront jamais la sympathie. Mais, après l'aveu que vous venez de me faire, je crains que ma présence continuelle n'entretienne l'exaltation où je vous vois. Si vous voulez rester auprès de mon mari, auprès de moi, il faut me promettre d'oublier toutes ces folies.
LAZARE
Vous promettre de ne plus vous aimer, de ne plus penser à vous, parce que je vous verrai davantage... tous les jours?... Est-ce possible?
MARCELLE
Voyons, calmez-vous... Je ne veux pas cependant que vous perdiez votre situation à cause de moi.
LAZARE
Ah! je vous en prie, ne rabaissez pas à des inquiétudes de ce genre l'angoisse de mon cœur déchiré !
MARCELLE
Il guérira. A votre âge, le cœur guérit de toutes les blessures. Qui sait si, plus tard, vous ne me saurez pas gré de vous avoir parlé comme je viens de le faire?
LAZARE
Plus tard? Trop tard!... Ce que vous avez détruit ne se répare pas ! D'un mot, d'une révélation, vous venez de me rejeter au désespoir, à la
Acii: II, sci'iNi: \ii H'.\
haine, à tout ce qui fermentait en moi et y amonl'clait l'orage !
MARCELLE
C'est insensé!... Vous n'êtes pas seul... Vous iivez des parents, une famille...
LAZARE
Je n'ai plus rien 1...
[\ Il Ire Ajjulhe.)
AGATHE
Madame... c'est Monsieur qui ramène le petit... ils se sont arrêtés un moment en bas, chez le pâtissier... Nous avons rencontré Monsieur au Luxembourg.
MARCELLE
Oui, je sais... C'est bien, Agathe. (Sm-i Agaihe.
— A Lazare qui fait quelques pas i^ers la parle:) Ne VOUS
en allez pas, monsieur... 11 n'y a aucun inconvénient à ce que mon mari vous rencontre ici... Vous êtes venu prendre des nouvelles de mon fils, voilà tout. Quant au reste, je veux l'oublier et j'espère que vous l'oublierez aussi.
LAZARE
Oh! soyez tranquille, madame... D'ailleurs, si monsieur Montferran apprenait ce que j'ai eu l'audace de vous dire, il se contenterait de hausser les épaules... Je suis si peu de chose pour lui... et pour vous !...
(Bruit de voix rJans l'antichambre. La porte s'ouvre bientôt. Parait Montferran donnant la main ;i son fils et tenant un paquet de gâteaux dans l'autre main. )
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