L.\ZARE
Non.
PERCIEH.
Alors, enlevez votre pardessus; il va falloir travailler.
(Lazare enlève son pardessus. Il es/ en hahil comme Percier, mais cet hahil lui ca 1res mal. Percier se met <i sourire en le reyardanl.J
LAZARE
Do quoi riez-vous?
PERCIER
De rien, cher ami...
LAZARE
Si, vous riez parce que mon habit ne me va pas bien.
PERCIEH.
Il ne vous avantage pas. Mais <^a n'a pas d'importance.
LAZARE
Je vais vous dire : c'est un habit en location.
PERCIER
Ça se voit... Allons, cher ami, ne vous fàcliez pas... que diable! Nous avons tous connu ça, à nos débuts.
LAZARi;.
.)e ne me fâche pas. Si vous saviez comme ça m'est égal !
PERCIEH.
Vous avez tort, car vous êtes gentil garçon, à
actl: III, scksE i 91
part ce détail. Voulez-vous me permettre de vous donner un conseil ?
LAZARE
Donnez toujours.
PERCIEU
Vous avez dû remarquer les deux jeunes personnes qui jouaient Phèdre à côté de la Dorfeuil?... OEnone et Aricie...
Non.
LAZARE
PERCIER
Eh bien, remarquez la petite... OEnone... Et placez-vous à table, ce soir, à côté d'elle...
LAZARE
C'est ça votre conseil ?
PERCIER
Oui. En six mois, elle fera de vous un autre homme, pour peu que vous montriez de la bonne volonté. Quand je suis arrivé de Toulouse à Paris, il y a trois ans, c'est une femme dans le genre d 'OEnone qui m'a formé, qui a été, non pas la nourrice de Phèdre, mais la mienne.
LAZARE, ricanant.
Merci, je réfléchirai... Mais pourquoi pas Aricie ?
PERcn;R.
Parce que, Aricie, c'est pour moi.
LAZARE
Ah!
PERCIER
Oui. C'est une dinde, mais j'adore ce genre-là.
02 l'attentat
Je vous dis ça afin qu'il n'y ait pas de malentendu entre nous.
LAZARK.
Et tout ça vous amuse.
PERCIEH.
Tout ça m'instruit. Nous sommes d'une génération qui ne perd pas son temps. J'ai vingt-trois ans. J'ai confiance en Montf'erran. Retenez bien ceci : il sera ministre. Je m'accroche à lui. A vingt-cinq ans, je veux être son chef de cabinet, A vingt-sept ans, je serai député. Après, nous
verrons. Faites comme moi. ^Hntre Le valet de pied.)
Qu'est-ce que c'est?