‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 60 sur 272 · SCENE VII MONTFERRAN, LAZARE, puis MARESCOT · texte numérisé non relu

SCENE VII MONTFERRAN, LAZARE, puis MARESCOT

MOXTFERRAX.

Ah çà ! nous n'allons pas donner à cet incident plus d'importance qu'il n'en a... Julia a été un peu vive, mais au fond c'est une très bonne fille... Votre père lui a répondu vertement... que ça

il4 i/attentat

s'arrête là, hein? Car avec une blague comme ça dans les journaux, on fait un scandale, tout bonnement.

LAZARE

Si j'avais été à la place de mon pure, le scandale aurait été plus grand encore 1

MOXTFERRAX.

Qu'est-ce que vous me chantez là?

LAZARE

Et j'aurais répondu comme il convient aux grossièretés et à l'insolence de cette fille.

MONTFERRAN.

Plaît-il?... A qui croyez-vous donc parler?

A son amant.

MONTFERRAN.

Voulez-vous que, pour ce mot-là, je vous llanque immédiatement à la porte, moi-même, et par les épaules?

LAZARE, se reflrosfiant.

Il faudrait voir !

MONTFERRAN.

Laissez donc, mon petit. Je suis plus solide que vous, avec mes cinquante ans, et je vous le prouverai quand vous voudrez!... (Changeant de ton.) Tenez, c'est idiot, ce que nous faisons... Je ne veux pas me brouiller avec Marescot pour un mot, ni que vous perdiez votre situation pour une vivacité excusable, en somme, puisqu'il s'agissait de votre père. Allons souper et n'en parlons plus.

(Il entruine Lazare Jicrs la salle à manger.)

ilti

LAZARlv se (h''(f:ifjcnut lir-iisqticmcnl.

Non, monsieur. Ni mon père, ni moi, ne resterons un quart d'heure de plus chez vous. Je comptais vous envoyer ma démission demain, je vous la donne ce soir. Gomme je n'ai pas encore touché un sou de vous, j'ai la conscience Iran-quille. Je vous salue.

MONTFKRRAN.

Vous ne cherchiez qu'un prétexte pour vous en aller... avouez-le donc.

Peut-être...

MONTFERRAN.

Mais alors pourquoi êtes-vous entré chez moi? Pourquoi votre père m'a-t-il supplié de vous prendre?

LAZARE

Il ne savait pas quel rôle vous vouliez lui faire jouer; il vous croyait sincère. Car il ne fait pas, lui, de la révolution par métier, par snobisme ou par ambition... Non, non, décidément, vous êtes trop grand seigneur et trop riche pour nous !

MONTFERRAN.

Voilà le grand mot lâché! En crèvent-ils assez d'envie, tous, de mon hôtel et de mon auto!... car il n'y a que de l'envie, de l'amertume et de la haine dans ces esprits-là! Sincère, je le suis plus que vous, petit niais, petit cerveau grisé de mauvaises lectures, de fréquentations louches et de vapeurs d'anarchie!

LAZARE

Vous, sincère?...

MONTFERRAN.

Oui, moi!

1 16 i.AiTiîNrAr

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