‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 61 sur 272 · L.VZARI · texte numérisé non relu

L.VZARI

Sincère, quand vous parlez, comme ce soir, de justice, de réformes, d'émancipation du prolétariat! Sincère? Allons donc! Vous ne pouvez pas l'être! Quel intérêt auriez-vous à réformer un ordre de choses oii vous êtes tout puissant, qui vous donne toutes les jouissances de la vie? Mais vous ne pouvez que redouter l'avènement dune société nouvelle, oti régneraient l'égalité et la justice, comme vous dites, car si celle-là s'établissait jamais, la première victime, ce serait vous !

MONTFERRAN.

Nous le savons et notre tentative n'en est que plus méritoire. Au moins nous risquons quelque chose, tandis que vous, vous ne risquez rien. Les révolutions sociales, ce sont toujours les bourgeois comme moi et les aristocrates qui les ont faites, et le plus souvent à leurs dépens. Voilà ce que vous sauriez, si vous aviez appris la vie et l'histoire autre part que dans des livres indigestes. Ah! il est joli le résultat de l'instruction que nous leur donnons!... Voilà ce que la République a gagné à leur être maternelle : des révoltés et des anarchistes!...

LAZARE

Si c'est être anarchiste que de haïr l'hypocrisie, eh bien, oui, je le deviens... je le suis! Nos visions sont moins creuses que les vôtres, car, encore une fois, pour oser prêcher l'égalité quand on est riche et qu'on ne partage pas sa fortune, il faut être un imposteur! Pour oser prêcher la solidarité quand on plane soi-même au-dessus des autres, il faut être un charlatan! Pour» oser encourager la grève quand on est le seul à n'y perdre ni un repas, ni même une douceur, il faut être un

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