‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 3)Chapitre 99 sur 272 · ACTIO V, SI.KNK III · texte numérisé non relu

ACTIO V, SI.KNK III

Mais rien n'empêche que beaucoup d'imbéciles nous regardent de traver:^ (lue Lazare fût condamné.

nous regardent de travers. Ils seraient enchantés

GRAFFARD

Ça, je ne dis pas non.

CÉCILE

N'est-ce pas? Vous en connaissez?

GRAFFARD

Plus d'un, assurément. Il ne faut pas se dissimuler que cette affaire, quoi qu'il arrive maintenant, aura porté un grave préjudice à votre oncle. Le crime do son lils rejaillira sur lui, c'est fatal.

CÉCILE

Le crime?

GRAFFARD

L'acte de Lazare, enfin. Monsieur Marescot doit se résigner à perdre de bons clients.

CÉCILE

Ils sont libres.

Sans doute... Et puis, il ne serait pas difficile de les ramener, allez!... Si ça ne dépendait que de moi !

CÉCILE

Ce n'est qu'un mauvais moment à passer.

GRAFFARD

Oui et non... (il quHte son travail et se rapproche de

Cécile.) Ecoutez, mademoiselle Cécile... Je suis votre ami, l'ami de monsieur Marescot... Eh

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bien, je serais désolé de voir tomber une si bonne maison... Le patron n'est plus jeune. 11 a reçu un coup terrible, à son âge. Je me demande s'il aura la force, à présent... Ce qu'il faudrait, ici, c'est une tête et des bras solides.

CÉCILE

Vous vous trompez. Mon oncle est encore plein d'énergie.

CiRAFFARD.

Est-ce suffisant, si sa clientèle le quitte? Croyez-moi, il aura beau faire, il restera une tache sur son nom.

CÉCILE

Une tache?

Oui. C'est stupide, mais c'est ainsi. L'éducation des masses n'est pas faite. Il y a des gestes qu'elles réprouvent d'instinct, parce qu'elles n'en comprennent pas la signification.

CÉCILE

Alors ?

GRAFFARD

Eh bien, voilà... voilà!... Je m'étais promis d'attendre encore, de patienter, mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas... je ne peux pas... Il faut que je vous parle... Depuis longtemps, depuis que je suis ici, je vous aime... Je n'osais pas vous le dire... Vous ne m'encouragiez pas... ça, non, vous ne m'encouragiez pas... Et je devinais bien pourquoi... Tandis que je faisais un rêve, vous en faisiez un autre... Oh! c'est bien naturel... Vous avez été élevée avec votre cousin... Si je vous disais que jai commencé par vous

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