ACTE I, SCÈNFi XI
MADAME r.RÉC.OURT.
Je t'en prie...
MARIANNE
Figurez-vous, cher monsieur Ghantraine, que ma mère s'imaginait que vous étiez un monstre.
CIIAXTRAINE.
Ah! oui... à cause de...
MADAME GRÊCOURT.
Ne croyez pas ma fille... elle exagère. . 11 n'y a qu'à vous voir pour... et je regrette de vous avoir rappelé des souvenirs qui... enfin, une histoire dont... vous... Excusez-moi...
CIIAXTRAINE.
Mais de rien, madame. Et je n'e'prouve aucune honte à parlef de celte histoire devant des personnes raisonnables.
MADAME GRÊCOURT.
Mais, monsieur, elle est toute à votre honneur... certainement...
CIIANTRAINE, juirLinl sur un Ion sincère et luiïf.
Non, madame, non, elle n'est pas à mon honneur... Pendant quelques secondes, j'ai été un barbare, un simple barbare... Comment, avec mon caractère et l'horreur que j'avais toujours eu de la violence, ai-je pu tirer des coups de revolver sur une femme et même sur un homme? J'en suis encore h chercher une explication... (A Maurice:: Et vous aussi, n'est-ce pas?
MAURICE
Moi aussi.
CIIANTRAINE.
Et vous n'en avez pas trouvé?
MAIRICE.
Aucune.
ADVEnSAIUK
(.IIANTHAINE.
Il est possible que nous ayons, enfermés en nous, d'autres êtres que nous-mêmes, dont nous ne soupçonnons pas Texistence. De temps en temps, sous des influences mystérieuses, un de ces êtres sort tout à coup, fait des gestes étranges auxquels nous ne comprenons rien, puis disparaît. Et alors, il nous semble que nous avons fait un rêve... Je vous donne cette explication pour ce qu'elle vaut.
MAURICi-:.
Elle en vaut bien une autre.