‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 110 sur 289 · C.HANTRAIXE · texte numérisé non relu

C.HANTRAIXE

Tenez! à la seconde même où je pressais nerveusement avec le doigt la détente du revolver — je me rappelle ce détail comme si j'y étais — la raison m'est brusquement revenue et j'ai songé : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourvu qu'il n'y ait pas de balles !... »

MADAME GRÉCOURT

Il y en avait?

CilAXTRAIXE.

Cinq... Enfin! ils n'ont été que blessés tous les deux, et encore pas très grièvement, c'est l'essentiel !

MADAME GRÉCOURT, arrc curiositr.

Ils étaient vraiment coupables ?

CIIANTRAINE.

Si on appelle ça coupable, ils l'étaient eff"ectivement, oui... Je les avais surpris dans une de ces situations dont on aime à dire qu'elles ne laissent aucun doute.

MADAME GRÉCOURT

Est-il indiscret de vous demander ce qu'est devenue votre femme?

actl; I, scKNK XI 1K9

CHAXTUAIM;, Inuiquillemenl.

Elle est veuve.

MADAME GRÉCOURT, êlonw-e.

Hein!

CHANTRAINK.

Cela étonne au premier abord. Nous avions divorcé et elle s'était remariée.

MADAME GRÉCOURT

Avec son complice ?

CHANTRAINE.

Non. Avec un autre monsieur.

MADAME GRÉCOURT

Et l'avez-vous revue ?

CHANTRAINK.

Dernièrement... fSe retuumanl vers Mmirice.) Oui, je

Tai revue dernièrement... Elle était tout en noir, avec un long crêpe. C'est môme une sensation assez curieuse de voir une femme qu'on a épousée porter le deuil de son mari.

MADAME GRÉCOURT

Vous êtes devenu un grand philosophe, monsieur Ghantraine.

MAUIUCE, lui frappant sur l'rpnuh-.

C'est un homme d'une sagesse définitive, et qui, de sa vie, ne commettra plus aucune erreur.

CHANTRAINE.

Vous êtes trop bon, mon ami, vous êtes trop bon... Je suis confus...

MAURICE

.l'espère que vous n'allez plus nous quitter, maintenant?

l'.iO l'adveusaiiie

CIIANTHAI.Nl';, arec un j)elU nciiliineiil de (frnv.

Oh I non... me voilà lixé à Paris...

MAHIANNK.

Vous dînez ce soir ave^ nous ?

CIIAXTRAINK, même Jeu.

Avec joie... madame... avec... joie...

MAURICE

Et que diable étiez-vous allé faire en province?

CIIAXTKAINE.

Voir des amis... des parents... éloignés... charmants, du reste... charmants...

MAURICE

Ah!

CIIAMRAINE.

Oui... Oui... j'ai été plusieurs lois sur le point de vous écrire... mais je n'ai pas osé...

MAURICE

Allons donc!

CUAXTRAIXE.

Oui... Je craignais de vous importuner.

MAURICE

Bah!

CIIAXTRAINE.

Je voulais vous demander... P'igurcz-vous?... vous allez rire...

Mais non...

CIIANTHAIXE.

Figurez-vous que ces parents... ces parents éloignés... voulaient absolument...

MAURICE

Eli! quoi?

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