ACTE II, SCÈNE IX
MAURICE
Oh! si.
MARIANNE
Ahl tu as d'autres raisons?
MAURICE
Oui.
On peut les savoir?
MAURICE
Je te les dirai quand nous rentrerons.
MARIANNE
Pourquoi pas tout de suite?
MAURICE
Si tu y tiens !
MARIANNE
Beaucoup.
MAURICE
D'abord, je ne veux aller chez Limeray sous aucun prétexte, et je ne veux pas non plus que tu y ailles sans moi, naturellement.
MARIANNE
Pourquoi?
MAURICE
Parce que des gens d'un certain caractère, d'une certaine situation et d'une certaine honorabilité, comme moi, par exemple, ne fréquentent pas Limeray, et surtout ne conduisent pas leur femme chez lui. Chez Limeray on conduit sa maîtresse, et encore quand on ne l'a que depuis la veille.
MARIANNE
11 a été acquitté dans des conditions assez retentissantes : il me semble que ça suffit.
Il a été acquitté par des jurés; il ne l'a pas été
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par moi. Moi, je lai condamné à l'unanimité. Que les jurés aillent chez lui, je ne les en empêche pas. D'ailleurs, il y en aura peut-être.
MARIANNE
Madame Bréautin y sera aussi.
MAUIUCE.
Ça regarde son mari, ou plutôt, ça ne le regarde pas.
MARIANNE
Pourquoi, alors, viens-tu chez madame Bréautin? Ce n'est pas logique.
MAURICE
En etïet, mais je n'irai plus.
MARIANNE
ïu ne viendras plus chez elle? Ici?
MAURICE
Plus jamais, c'est fini.
MARIANNE
Et moi ?
Toi non plus.
Vraiment ?
MAURICE
MARIANNE
MAURICE
C'est comme ça. Nous allons rester encore quelques instants, puis nous souhaiterons le bonsoir au maître et à la maîtresse de maison, très poliment et même avec une grande cordialité, et, à partir de cette minute, ils ne nous reverront plus ni l'un ni l'autre. Madame Bréautin me débinera affreusement, ce qui me sera bien égal; et nous serons brouillés avec elle, ce qui est le rêve que je caresse depuis longtemps. Je ne regretterai que son mari qui est assez comique et à qui j'enverrai certainement ma carte toutes les