ACTE Ht, SCENE I Z
.MAKlAXXi:.
Je le suis toujours, plus ou moins.
MADAME GRÉCOrRT.
Mais non, nous no sommes pas des nerveuses, nous. Nous sommes des actives, des agitées même, mais au fond des raisonnables. Voilà pourquoi il n'y a pas eu de bêtise sérieuse dans la famille depuis cinq ou six générations. Moi j'ai failli en faire une, il y a vingt ans, avec un monsieur qui ne s'en est jamais douté. Je ne me rappelle plus son nom. Nous sommes des épouses parfaites.
MARIANNE
Parfaites.
MADAME GRÉC.OURT.
Je m en vais... (Passant près du (juévidon el prenanl
lin livre.) Ah ! le livre de Maurice !... Il a paru et tu ne me le disais pas ?
MARIANNE
J'allais te le dire, il vient de paraître.
MADAME GRÉCOLRT, lh;int le litre el enlroiir.ml le volume.
Tu l'as lu'^
MARIANNE
Naturellement.
.MADAME GRÉCOLRT.
Le.^ ir/rcs modernes an seizième siècle. Ça me fait l'eiïet d'être très bien.
MARIANNE
C'est mieux que très bien.
MADAME GRÉCOURT
Tu m'en donneras un exemplaire pour lire dans le train?
M.VRIANNE.
Oui. oui.
246 i.'aovkrsaire
MADAMR GRÉCDURT.
Quatre cents pages, et de cette dimension-là !... Qu'est-ce que tu me chantais que Maurice ne voulait rien faire? C'est un travailleur, ton mari. Tu ne le connais pas. C'est effrayant à penser, on ne connaît jamais son mari...
(Elle sorl jiar une pelile porte à droite, fieiulanl 'iiinn fond, ;\ gauche, enlrenl Maurice. BréauLin. Limerai/. La.nqla.de el Chantniine.)