ACTE III, SCENE IX
MARIANNE
Ma mère part demain ; je ne peux pas.
LANGLADE
Je VOUS attendrai tous les jours de cette semaine : vous trouverez bien un prétexte.
MARIANNE
Mais je ne sais pas. (Sur un mouvement de Langlade.)
Je l'espère... je n'en suis pas sûre... Mais non, mon ami... il ne faut pas nous dissimuler qu'il va être difficile, très difficile de nous rencontrer cet été...
LANGLADE
Cet été!... Rester tout l'été sans nous revoir!... Ah! Marianne, vous n'y songez pas!... Ne me demandez pas cela, c'est impossible?... Réiléchissez !... Je ne vous aime pas d'une façon légère comme un de ces hommes qui, de salon en salon, cherchent des aventures et s'amusent de l'amour. Oh! non... non... Notre liaison est plus grave et plus forte, n'est-ce pas? Je vous aime depuis longtemps; pendant longtemps je n'ai pas osé vous le dire... Quand mon amour a été tellement grand et tellement fort qu'il n'a plus tenu en moi, alors je vous l'ai dit... et la possession de vous l'a rendu inguérissable... Mais vous aussi, Marianne, vous m'avez dit que vous m'aimiez!... Vous m'aimez toujours?...