‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 167 sur 289 · AL\H1ANNE · texte numérisé non relu

AL\H1ANNE

Oui... oui... mou ami... oui... aussi je vous supplie... je vous supplie d'être un peu raisonnable. Il faut absolument faire, l'un et l'autre, ce gros sacrilice d'être quelque temps séparés... je vous assure que c'est indispensable, sous peine des plus grands périls... Mais oui!... des plus grands périls... Nous sommes entourés de gens

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qui nous surveillent... Est-ce que vous vous faites par hasard la moindre illusion sur les pensées intimes de madame Bréautin, quand elle nous a laissés seuls tout à l'heure ?...

LANGLADE, ;ici'c impatience.

Qu'est-ce que c'est, madame Bréautin?

MARIANNE

C'est le monde, c'est la calomnie, c'est le danger!... Mais ma mère elle-même s'est aperçue de quelque chose... et quant à mon mari... qui sait s'il n'a pas déjà des soupçons ?

LANGLADE

Ah! tenez, j'en suis parfois à le désirer, qu'il apprenne tout !

Oh ! vous êtes fou, par exemple !

LANGLADE

Est-ce que vous croyez que je ne saurais pas vous défendre? Mais vous n'avez donc pas deviné à quel point je vous aime et que) rêve, quel rêve lointain j'ai fait? le rêve de confondre un jour nos deux existences... de vous prendre, de vous emporter, de vous avoir à moi, à moi! Oui, la voilà aujourd'hui mon ambition, mon unique ambition!... Tout le reste, travail, succès, n'est plus rien pour moi, si je n'y associe pas votre pensée!... Dites-moi que ce n'est pas impossible! Une femme de votre rang est maîtresse d'ellemême et si vous m'aimiez, Marianne!...

MARIANNE

Ah! mon ami, mon ami... Mais c'est insensé!... Gomment pouvez -vous concevoir une chose pareille? Mais je ne vous ai fait aucun serment.

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