ACTE III, SCKNE XI
c'est toi qui as le remède... et tu vas me guérir, n'est-ce pas, Marianne? comme un pauvre diable un peu malade que je suis en ce moment, tu vas me guérir avec de la loyauté et de la franchise. Alors, dis-moi exactement ce qui s'est passé entre toi et Langlade.
MARIANNE
Mais, rien... rien...
MAURICE
.le t'en prie, ne me réponds pas ainsi... Il n'y a eu probablement presque rien entre vous deux : il n'y a pas eu rien. Mais non, mais non !... Toi qui étais autrefois la femme sûre et droite, celle qu'on n'osait pas soupçonner, car elle aurait rendu le soupçon ridicule, brusquement tu as changé !
MARIANNE
Moi?
MAURICE
Ton sourire, ton attitude, ton langage ont changé... N'essaye pas de le nier... C'est l'évidence, et d'ailleurs ce n'est pas un crime... Mais n'essaye pas de me faire croire, non plus, que c'est parce qu'un soir je t'ai parlé plus durement que d'habitude... Non ! il y a autre chose. Langlade t'a fait la cour... C'est certain ! certain !...
MARIANNE
Eh bien! oui... oui... Et j'aurais dû te le dire tout de suite... Ah ! comme je regrette de ne pas l'avoir fait... Mais nous étions dans ce monde si bruyant, si absorbant, que malgré soi on se laisse entraîner peu à peu... On écoute des compliments, des banalités... on fait comme les autres... Ah î que tu avais raison de vouloir m'en arracher!... Oh! oui, mais c'est fini, c'est fini!... (Se levant et aii!ini;>iui.} Mou chéri, tu ne sais pas ce que nous
2(iG i.'ai>\'i;hsajhi:
allons faire ? Nous allons partir pour quelque endroit où nous serons seuls, tous les deux seuls ?. . . Xous allons partir le plus tôt possible, demain, dis?... Et tu verras, alors, si je t'aime, si j'aime un autre homme que toi ! Je te guérirai, va, ce ne sera pas long !
MAUIUCK, l;i n-n.inl.inl.
C'est une idée...
MAUIANNE.
Oh ! quelle joie !... Nous allons donc retrouver notre belle solitude d'autrefois... Je vais pouvoir te reconquérir, car je sens que j'en ai besoin!... Oui, je sens que j'ai failli te perdre!... Oh ! l'affreux monde !... Fuyons-le ! Fuyons-le ! Et cet hiver, à Paris, quand nous rentrerons, je ne veux plus voir personne, personne !
MAIRICE.
Oh ! mais tu exagères, maintenant, tu exagères beaucoup... Ce n'est pas parce que Langlade t'a adressé quelques petites galanteries sans gravité, qu'il faut avoir l'air de le fuir. Il est dans son rôle, après tout, ce garçon...
MARIANNE
Je ne veux plus le voir... (Se reprenant.) pas plus
lui que les autres... d'ailleurs !.. (Aver emportement.)
Emmène-moi ! emmène-moi !
MAURICE, .te f.ijjprochant d'elle et les yeux dans les yeux.
Il est donc bien dangereux?
Qui ?
MAURICE
Lui.
MARIANNE
Dangereux!,.. Pourquoi?