‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 170 sur 289 · ACTE m, SCI'CNK XI 2()H · texte numérisé non relu

ACTE m, SCI'CNK XI 2()H

MAURICE

Je ne t'accuse pas, remarque ; je n'ai aucune preuve pour t'accuser, sinon ma propre émotion, des pressentiments, les mille choses obscures qui nous avertissent d'un danger ou d'un malheur... tlt je ne veux pas te faire subir non plus un vil interrogatoire de mari jaloux... Non. je m'adresse loyalement à toi. Depuis quelque temps, nous hésitons presque à nous parler. Dès que nous sommes seuls, nous attendons avec impatience que quelqu'un entre et sépare nos regards... Tu ne peux pas ne pas t'en être aperçue... Eniinl il y a comme du doute et de lombre entre nous... Eh bien, tâchons de les dissiper, veux-tu .\.. Tâchons de redevenir les êtres clairs et joyeux que nous étions...

MARIANNE

Oh ! je devine bien ce que tu penses. Et tout ça, c'est parce qu'après cette soirée chez madame Bréautin, j'ai été un peu troublée, un peu nerveuse... Je t'en ai beaucoup voulu, je le reconnais... Dame 1 tu ne m'avais pas habituée à me parler sur ce ton... Mais, depuis, est-ce que j'ai fait la moindre allusion?... Voyons, soit juste. Est-ce que je t'en ai reparlé, de madame Bréautin? Je ne tenais même pas à lui rappeler l'invitation... C'est toi qui as insisté, qui lui as écrit, qui as fixé le jour... Et voilà sous quel prétexte, avec je ne sais quel potin en plus, car il n'y a pas autre chose, n'est-ce pas?... ;/i7/c le rerfarde., Voilà sous quel prétexte, tu on es arrivé à... mon Dieu ! oui... je ne me fais pas d'illusion après la faron dont tu viens de me parler. .. tu en es à supposer peut-être . . .

MAURICE

Que tu me trompes?... Non, mon esprit n'a jamais osé aller jusque-là, du moins nettement,

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directement. Ce serait pour moi, pour nous deux, une telle destruction de tout, un tel ravage de notre existence, que je n'ai pas la force de le concevoir.

marianm:.

MALRICE.

Evidemment, il est absurde de se dire : « Cette chose qui est arrivée à tant d'êtres humains, qui est contenue dans le mariage, comme Taccident dans le voyage, cette chose ne m'arrivera pas à moi ! » C'est absurde, je m'en rends très bien compte, et pourtant, voilà comment je raisonne ! Je ne peux pas me figurer que tu es une femme pareille aux femmes des autres, que notre union n'est pas d'une essence supérieure à celle d'un ménage ordinaire !... Marianne... Marianne, ce que je vais te dire, n'est pas une naïveté, un simple enfantillage !... Eh bien ! tu ne dois pas me tromper ! Ne me trompe pas ! Je t'assure que l'adultère n'est pas toujours une aussi plaisante aventure que se l'imaginent ceux qui en profitent. Certes ! il y a bien des maris que cela n'empêche pas d'être heureux, et des femmes qui n'en sont pas moins d'exquises maîtresses de maison. Mais le fond de tout ça est tout à fait vilain et même plein de dangers, sois-en convaincue... Je parle comme un mari, je le sais bien ; mais je sais aussi à quelle femme je parle...

(Il se pusse la main sur le front.)

MARIANNE, se vupiirochuut r/c lui.

Mais tu souffres, Maurice, je vois que tu souffres !...

MAURICE

Oui... Oh! je ne le cache pas et je souff're même plus qu'il ne convient. Heureusement que

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