I.Es Mêmes, LUCIENNE
JOSSAN.
Mademoiselle !...
LUCIENNE
Monsieur...
CLOTILDE
Vous êtes délicieusement jolie, aujourd'hui, ma petite Lucienne... Seulement, il faudra que je vous gronde, vous n'êtes pas venue une seule fois à la maison de tout l'été.
LUCIENNE
Je comptais y aller dimanche, avec maman.
CLOTILDE
Nous organiserons une partie de pêche dans l'étang...
LUCIENNE
11 y a beaucoup de carpes cette année?...
CLOTILDE
Et elles sont d'une grosseur à faire frémir. Mon frère en a pris une, hier, miraculeuse.
■1- I.A (:i[ATi:i,AlNK
MADAMK \)K LA BAUDIKRE.
Et Tétani^- liii-mùmo est superbe, comme toute votre propriété d'ailleurs.
JOSSAX.
Et comme tout le pays.
MADAMl-: DE LA BAUDIÉRK.
Et notre Loire?... Est-elle assez belle, notre Loire, dans cette saison?
JOSSAX.
Radieuse !...
CLOÏILDE.
Savez-vous que mon frère ne rêve que d'acheter quelque chose à côte' de nous !
MADAME DE LA BArDIÈUE.
Vraiment?
.lOSSAX.
Mais oui... (A cinuide.) Comment appelles-tu cette merveille de petit château Renaissance, à mi-coteau sur le bord de la Loire.
CLOTILDE, à La Daiulière.
Il veut parler de Sauveterre qui appartient à monsieur de Rive, un de vos parents, je crois... Malheureusement, mon ami, Sauveterre n'est pas à vendre.
LA BAUDU'iRE, rirfinrnl.
Mais, pardon!... pardon!...
MADAME DE LA BAUDIÉRE, hun ù .so/i mari.
De quoi te mêles-tu?... De quoi te mêles-tu ?
CLOTILDE
Comment, Sauveterre est à vendre ?
MADAME DE LA BAUDIÉRE
Cest-à-dire...
ACTK I, SCENi; X
LA BAUDIÉRE.
Monsieur et madame de Rive sont bien décidés à vendre Sauveterre si Toccasion s'en présente, et ma nièce est à Angers précisément pour cela.
CLOTILDE
Dis donc. André... hein!...
JOSSAX.
Mais Sauveterre ne sera acheté que par moi...
LA BAUDIÉRE.
Connaissez-vous mon neveu?...
JOSSAN.
Pas du tout... Quand pourrai-je le voir?...
LA BAUDIERE.
Il est à Paris, mais ma nièce est chez son notaire, à quelques pas d'ici.
CLOTILDE
Xe pourrait-on pas lui faire dire?...
LA BAUDIÉRE.
Pardi!... Lucienne?...
LUCIENNE
Tout de suite... Chez quel notaire?
LA BAUDIÉRE.
Monsieur Lormois. ,
LUCIENNE
Bien!...
(Elle sort.)
CLOTILDE, .'( niHiJuini' d<- Lu l};ni>lii-re.
Vous avez visité' le château, récemment? Dans (jiiel état est-il?...
Il- I,A CIIA I IM.AINE
MADAMK \)K LA BAUDIKUt:.
Hum!...
CLOTILDE
Oui... il tombe un peu en ruines...
JOSSAN.
Tant mieux !
LA BAL'DIKHK.
Il y a encore des parties admirablement conservées.
LE BAUO.N.
Oui, une tourelle entre autres...
LA BAUDIÈRE.
Nous irons le visiter tous un de ces jours.
MADAME DE LA BAUDIÈRE, à Aiuln'.
Tant mieux si Sauvcterre fait votre afîaire, monsieur. Nous en serions enclumtés pour le voisinage, mais cela m'étonnerait fort.
JOSSAN.
Nous verrons.
CLOTILDE
Maintenant, nous allons laisser monsieur La Baudière et mon frère se raconter les petits potins de leur cercle... et nous, nous allons nous raconter les nôtres.
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Oui... oui...
LE BARON
Moi, je vais dans la bibliothèque voir le livre que vous venez d'acheter.
LA BAUDIÈRE.
Ah ! oui, sur la culture de la vigne dans l'Anjou... Madame de La Baudière va vous le donner.
(Sort le Baron. — Clolilde el iiindunie de La Baudière sauf sorties une réj)li<ine avant.)